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LA FAMINE FRAPPE À NOUVEAU LA CORNE DE L’AFRIQUE

Tâches ménagères

La vie de millions d’enfants menacée par la famine La Famine qui sévit actuellement en Afrique subsaharienne menace des millions de personnes.

Au Sud-Soudan, l’état de famine a été déclaré il y a trois semaines, cela ne s’était pas produit depuis 2011. Cette crise est le fruit de l’instabilité politique et des conflits dans certaines parties de la région. La sécheresse  détruit les moyens de subsistance, provoque des pénuries d’eau, accentue la gravité des maladies et déclenche des mouvements massifs de population. Les familles les plus démunies luttent pour survivre. Deux autres pays où nous sommes présents depuis 1990 sont aussi fortement menacés : l’Ethiopie et le Kenya. Malgré l’aide d’urgence apportée en 2015 et 2016, les équipes sur place ne parviennent pas plus à répondre aux besoins.

Pour déclarer, l’état de famine, un certain nombre de données statistiques liées à la mortalité, à la malnutrition et à la faim sont déterminés.
Dès lors, une situation de famine est annoncée lorsque :

– au moins 20% des ménages d’une région sont confrontés à des pénuries alimentaires extrêmes;
– le taux de malnutrition aiguë dépasse 30% ;
– le taux de mortalité est supérieur à 2 personnes par jour pour 10 000 personnes.

« L’aide d’urgence est essentielle pour faire face à la sécheresse dans la Corne de l’Afrique, déclare Meg Gardinier, secrétaire général de ChildFund Alliance.
Outre l’aide alimentaire et l’accès à l’eau, nous ne devons pas négliger la nécessité de protéger les enfants, souvent négligée dans ces situations. »

En effet, selon l’UNICEF, les risques de violences sexuelles et d’exploitation des enfants augmentent lors de la séparation avec les familles.

« Les enfants sont particulièrement vulnérables dans des situations comme celles-ci, déclare Josh Chaffin, conseiller principal sur la protection des enfants dans des situations d’urgence auprès de ChildFund Alliance. Quand il y a des déplacements massifs, les risques de violences à l’égard des enfants comme le mariage précoce des enfants, les abus sexuels, l’exploitation augmentent. D’autre part, un grand nombre d’enfants abandonnent l’école ce qui augmente la traite des enfants. »

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Banque mondiale: près de 60 milliards US pour l’Afrique subsaharienne

Personnel de santé de l'Hôpital Préfectoral de Vogan

La Banque mondiale a annoncé dimanche que 57 milliards US d’investissements sur les trois prochaines années allaient être mobilisés pour l’Afrique subsaharienne.

L’essentiel de ce financement (45 milliards) va provenir de l’Association Internationale de Développement (AID), l’agence de la Banque mondiale qui accorde des dons et des crédits à taux zéro aux pays les plus pauvres.

Quelque 8 milliards proviendront de financements privés par le biais de la Société financière internationale (IFC), une autre antenne de la Banque mondiale, et 4 milliards de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), la filiale de la Banque dédiée aux pays à revenu intermédiaire, a précisé le président de la BM, Jim Yong Kim, cité dans un communiqué.

L’Allemagne, qui a accueilli vendredi et samedi une réunion des ministres des Finances du G20 à Baden-Baden, a fait du partenariat avec l’Afrique (appelé « Compact with Africa ») une priorité de sa présidence en 2017. De tous les pays africains, seule l’Afrique du Sud fait partie de ce cénacle international.

«Cela représente une occasion unique de modifier la trajectoire du développement en Afrique subsaharienne. Avec ces engagements, nous allons pouvoir travailler avec nos clients pour significativement développer les programmes en faveur de l’éducation, des services de santé de base, de la propreté de l’eau et de son traitement, de l’agriculture, du climat des affaires, des infrastructures et des réformes institutionnelles», a-t-il ajouté.

Le président de la BM doit se rendre dès dimanche en Rwanda et en Tanzanie pour mettre en exergue le soutien de son institution à la région.

L’augmentation des financements de l’AID va notamment profiter à quelques 448 projets déjà en cours en Afrique subsaharienne, région qui représente à elle seule plus de la moitié des pays éligibles aux financements de cette institution, souligne la Banque mondiale.

Santé : les investissements sont encore insuffisants dans beaucoup de pays africains

La capacité litière et l’effectif du corps médical sont en forte croissance dans certains pays mais les besoins sont énormes. Les experts soulignent la nécessité pour le continent d’avoir des centres hospitaliers innovants pour faire face à la transition épidémiologique.

«Les établissements de soin dans les pays africains nécessitent des financements accrus. Malheureusement, les ministères des finances n’en sont pas convaincus». C’est le constat établi par Fernande Ndjengbot, ministre de la santé, de l’hygiène publique et de la population de la République Centrafricaine lors de la 4e édition du forum Afrisanté qui s’est tenu les 1er et 2 mars à Marrakech sous le thème : «L’établissement de soins au cœur de la réforme des systèmes de santé africains». L’investissement des Etats africains dans le secteur de la santé ne répond pas aux attentes des populations. Pourtant, les dépenses de santé des Africains poursuivent leur trend haussier dans le continent au milliard d’habitants.

D’après une étude du cabinet Mckinsey & Company, la dépense des Africains dans le secteur de la santé en 2015 est estimée à 125 milliards de dollars. Elle est en hausse de 7% par rapport à celle de 2010 où elle était établie à 103 milliards de dollars. Même la capacité litière et l’effectif du corps médical ont connu une forte croissance dans certains pays africains. Dans l’échantillon choisi par le cabinet, englobant 6 pays d’Afrique, à savoir le Ghana, l’Egypte, le Maroc, le Kenya, l’Afrique du Sud et le Nigéria, le nombre de lits est passé de 390 000 en 2005 à 522 000 en 2015. Le nombre de médecins est, lui, estimé à 440000 en 2015. Ce qui équivaut à 201 000 médecins qui se sont ajoutés en 5 ans. Mais le marché africain de la santé reste toutefois immature. Le potentiel de croissance est encore élevé et les besoins sont criards. L’Afrique ne compte que 3% des effectifs de santé au niveau mondial et le continent a besoin de créer 550 000 lits supplémentaires dans 10 ans.

20 à 40% des ressources gaspillées dans les structures de soins

Comme solution, les professionnels préconisent la création de partenariats public-privé. «L’Etat seul n’est pas en mesure de développer le secteur», déclare la ministre de la santé centrafricaine. En attendant, dans un pays comme le Sénégal, les centres de santé qui reçoivent 80% des patients continuent à recevoir des financements minimes. Selon Bineta Sène, directeur général de la santé au Sénégal, ces centres souffrent d’insuffisance dans la gestion des ressources humaines, de faiblesse de la réponse sectorielle, d’inégalités sociales et d’utilisation inefficiente des ressources. On note que 20 à 40% des ressources sont gaspillées dans ces structures de soins. Aujourd’hui encore, l’Etat sénégalais alloue moins de 15% de son budget au secteur de la santé, soit 44 dollars/tête.

Parmi les solutions préconisées, on peut citer la révision de la carte sanitaire, l’accroissement de la productivité et l’amélioration de l’accès aux médicaments. La mise en place de la mutualisation, d’initiatives de gratuité et d’un plan d’urgence pour les soins de santé aidera également à atteindre les objectifs du millénaire pour le développement.

Pourquoi 5,9 millions d’enfants ont perdu la vie en 2015 ?

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Un quart de ces décès sont attribuables à l’environnement. Une grande part pourrait être évitée en améliorant les services de santé et les conditions d’hygiène.

Un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) publié le 6 mars dévoile qu’en 2015, 5,9 millions d’enfants de moins de cinq ans ont perdu la vie. Parmi les principales causes de ces morts précoces, on trouve la pneumonie, la prématurité, les complications lors de l’accouchement, le sepsis néonatal (infection habituellement bactérienne à la naissance), les anomalies congénitales, les diarrhées, les accidents et la malaria.

Dans son rapport, qui agrège des données de 2012 et 2015, l’OMS rapporte qu’un quart de ces décès sont imputables à un environnement de santé défavorable. «En 2012, il a été estimé que 26% des décès d’enfants (…) pouvaient être évités si l’on réduisait les risques environnementaux tels que la pollution, la contamination de l’eau, l’exposition aux produits chimiques ou encore le manque d’hygiène», écrit l’institution.

Infections respiratoires

L’OMS estime que, parmi les 570.000 décès d’enfants de moins de 5 ans survenus en 2012 en raison d’une infection respiratoire, entre 44% et 67% sont attribuables à l’environnement. Parmi les facteurs de risque des infections respiratoires basses (bronchites, bronchopathies, pneumopathies…), on retrouve la pollution de l’air intérieur, dû au tabagisme ou aux émanations des cuisinières. Dans les pays à faibles ou moyens revenus, la pollution de l’air intérieur est à l’origine de plus de 50% des infections respiratoires basses chez les moins de 5 ans. Dans les pays à hauts revenus, où la pollution de l’air tend à être plus faible, 13% des infections respiratoires basses sont attribuables à ces facteurs. «La pollution de l’air cause la mort d’environ 600.000 enfants de moins de 5 ans chaque année, et elle augmente le risque d’infections respiratoires, d’asthme, de maladies néonatales et d’anomalies congénitales», ajoute l’OMS.

Maladies diarrhéiques

Les enfants d’Afrique subsaharienne et du sud est asiatique sont les plus affectés par ces maladies, qui ont tué 361.000 enfants de moins de 5 ans dans le monde. Celles-ci sont en grande partie causées par des bactéries pathogènes, et elles peuvent être prévenues par la mise à disposition d’eau potable ainsi que par des mesures d’assainissement et d’hygiène comme l’installation de toilettes. L’OMS estime qu’entre 36% et 75% de ces maladies sont dues à l’environnement. Entre 2000 et 2015, le nombre de décès liés à ces maladies chez les moins de 5 ans est passé de 1,2 million en 2000 à 526.000 en 2015.

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En Afrique, le paludisme recule mais les fièvres de toutes origines tuent plus

Infections, Ebola, chikungunya, dengue, zika : de nombreuses maladies fébriles, mal dépistées, sont traitées à tort comme un paludisme.

Les efforts de la lutte contre le paludisme ont payé. En quinze ans, l’incidence du paludisme, dont 90 % des cas sont enregistrés en Afrique subsaharienne, a diminué de 41 % selon le dernier rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette maladie infectieuse, responsable de fièvres pouvant être mortelles, a tué 429 000 personnes en 2015, contre le double au début du XXIe siècle.

Lire aussi :   Après des décennies de lutte, le Sri Lanka a vaincu le paludisme

Mais, sur le continent africain, les autres causes de fièvres inquiètent les spécialistes. « Beaucoup de fièvres non paludéennes sont mal traitées car, pour le personnel soignant comme pour les patients, la fièvre est toujours synonyme de paludisme », avertit Benoît Gallet, conseiller scientifique à l’Institut de médecine et d’épidémiologie appliquée (IMEA) à Paris. Ebola, chikungunya, dengue, infections virales, infections bactériennes et, depuis peu, Zika. « Nous avons constaté une recrudescence des décès dus à ces maladies fébriles, car les fièvres sont mal diagnostiquées », poursuit le docteur Gallet.

Début février, l’IMEA a ressemblé près de cent médecins, infectiologues, biologistes et responsables de ministères de la santé venant de 23 pays africains, lors d’un atelier à Grand-Bassam, en Côte d’Ivoire. L’objectif : faire prendre conscience à l’échelle du continent que le paludisme n’est plus la principale cause de fièvre en Afrique subsaharienne. « Il faut changer la mentalité des populations et former les soignants sur le terrain, en particulier dans les dispensaires de brousse, pour éviter les prescriptions d’antipaludiques à tort et permettre une meilleure prise en charge des autres causes de fièvre », indique Benoît Gallet.

« Le paludisme a changé, pas les mentalités »

Transmis par les piqûres de certaines espèces de moustiques du genre Anopheles, le paludisme touche 212 millions de personnes dans le monde, dont 190 millions en Afrique subsaharienne. Après une nette augmentation du nombre de cas et de décès dans les années 1980 et 1990 provoquée par une résistance à la chloroquine, l’ancien traitement antipaludique, la maladie connaît une transition épidémiologique depuis 2000. Sa prévalence a nettement chuté grâce à l’utilisation d’un nouveau traitement plus résistant à base d’artémisinine et aux campagnes de distribution de moustiquaires imprégnées, financées notamment par la Fondation Bill & Melinda Gates (partenaires du Monde Afrique). Mais un premier cas de résistance partielle du parasite à l’artémisinine a récemment été observé en Guinée équatoriale. Une nouvelle préoccupante pour la lutte contre le paludisme puisque ce médicament est la seule arme efficace contre la maladie pour le moment.

Lire aussi :   Premier cas de résistance au principal antipaludéen en Afrique

D’autant qu’aucun vaccin n’a été trouvé pour le moment. Deux études encourageantes, publiées le 16 février dans la revue médicale britannique The Lancet, ont pourtant montré l’efficacité d’un vaccin expérimental. Les spécialistes se montrent toutefois prudents car même le Mosquirix, le candidat-vaccin dont les études cliniques sont allées le plus loin, n’a jamais été homologué depuis sa conception en 1987.

Lire aussi :   Le premier vaccin contre le paludisme va être autorisé

Mais si le paludisme a diminué, celui-ci peut s’avérer plus grave. « On observe une augmentation du paludisme chez le grand enfant et l’adulte et un accroissement des formes sévères de la maladie », analyse Marielle Bouyou-Akotet, biologiste et cheffe du département de parasitologie de l’Université des sciences de la santé de Libreville, au Gabon. Dans les zones à forte endémie, les enfants de 0 à 2 ans – âge où l’immunité se développe – sont de moins en moins exposés aux moustiques du fait de l’utilisation accrue des moustiquaires. Ils n’acquièrent donc plus d’immunité et, en l’absence de prémunition, risquent une évolution plus grave de la maladie.

« Le profil du paludisme a changé, mais pas les mentalités. La population continue d’être traitée comme si rien n’avait changé », affirme Benoît Gallet. Une étude menée au Kenya en 2015, publiée dans l’American Journal of Tropical Medicine and Hygiene, a montré que 79,7 % des patients souffrant d’une forte fièvre avaient été traités pour un paludisme, alors que seuls 5,2 % étaient réellement infectés. Les patients, eux, refusent souvent de croire à un diagnostic négatif. « C’est ce qu’on nous a toujours appris, explique le professeur Serge Eholié, médecin spécialiste des maladies infectieuses au CHU de Treicheville, à Abidjan. On a beau dire à nos patients qu’ils n’ont pas de paludisme mais la grippe, par exemple, ils vont quand même se procurer un traitement. » Dans les pays d’Afrique subsaharienne, les antipaludiques sont vendus sans ordonnance et à moindre coût.

Des recommandations « obsolètes »

Dans les régions impaludées, les tests de diagnostic rapide (TDR) ont permis de dépister 74 % des cas suspectés de paludisme en 2015, selon l’OMS. « En cas de fièvre aiguë, nos soignants utilisent de plus en plus systématiquement le TDR », confirme le professeur Eholié. Ce petit appareil accessible même dans les zones les plus reculées et facile d’utilisation établit un diagnostic en moins de quinze minutes. « Le problème, c’est que lorsque le test du paludisme se révèle négatif, les soignants sont désarmés face à la fièvre. »

Lire aussi :   Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme a collecté 13 milliards de dollars

En Côte d’Ivoire, malgré une baisse remarquable des cas de paludisme, les décès liés aux fièvres n’ont pas diminué. Au CHU de Treicheville, à Abidjan, en moyenne 30 % à 40 % des patients atteints de fièvre ont un paludisme. « On ne sait pas comment traiter les autres », regrette le professeur Eholié. Selon lui, la crise Ebola a mis en évidence la difficulté de diagnostic et de traitement des maladies fébriles non paludéennes : « A l’apparition du virus Ebola, nous avons tous cru qu’il s’agissait d’une épidémie de paludisme. Nous étions démunis face au problème, c’était une catastrophe ! »

A ce jour, l’OMS n’a pas donné de directives solides pour les diagnostics et traitements des maladies fébriles non paludéennes. « Il faut absolument établir un nouveau profil étiologique des fièvres avec des algorithmes pour savoir quelles maladies sont présentes dans chaque pays et comment les prendre en charge, explique la biologiste Marielle Bouyou-Akotet. C’est tout un système qu’il faudra mettre en place dans les prochaines années afin de s’émanciper des recommandations internationales, désormais obsolètes. »

Lire aussi :   La moustiquaire, arme de protection massive

 

TABC invite Samira Meraï au colloque international « Sfax Pole de Santé Africain »

Dans le cadre de la préparation du colloque international « Sfax Pole de Santé Africain », organisé par le Tunisia Africa Business Council (TABC) le 17 et 18 Mai 2017 à Sfax, le président de TABC, Bassem Loukil, ainsi que le secrétaire général, Anis Jaziri, accompagnés du vice-président du bureau régional de Sfax, Khaled Hakim, ont rencontré, lundi 27 février, la ministre de la Santé, Samira Meraï, pour l’inviter à cet évènement important pour la capitale du sud, afin qu’il soit sous le haut patronage du ministère de la Santé.

 

Bassem Loukil a précisé lors de cet entretien, l’objectif du colloque, qui est de drainer un flux d’évacuation sanitaire à partir de l’Afrique Subsaharienne vers la région de Sfax, ainsi que la dynamisation de l’aéroport de Sfax, afin de lancer à terme des lignes directes entre l’aéroport Thyna et les pays africains.

Khaled Hakim, a confirmé l’engagement de l’ensemble des cliniques et des sociétés paramédicales pour la réussite de cet événement. Les cliniques de la région vivent actuellement des difficultés liées à la baisse des clients Libyens habituels, ce colloque arrive au bon moment pour ouvrir de nouveaux horizons et diversifier la clientèle cible.

Le secrétaire général de TABC a précisé que ce premier Forum Tuniso Africain des soins médicaux et paramédicaux, aura aussi pour objectif d’élever le rendement de l’infrastructure d’accueil et de redynamiser l’activité économique récurrente, étroitement liée à l’essor des activités hospitalières et sanitaires dont on cite notamment les industries d’accompagnement (fournitures médicales et paramédicales), les activités immobilières et le tourisme.

Samira Meraï a confirmé l’engagement du ministère de la Santé pour la réussite de cet évènement Africain. Des lettres d’invitations seront adressées aux ministres de la Santé du Mali, du Niger, du Cameroun, de la Mauritanie, du Burkina Faso et de la Guinée Conakry.

Santé : #SheDecides 181 millions d’euros promis à Bruxelles pour les droits reproductifs des femmes

La conférence #SheDecides lançait la mobilisation internationale pour les droits reproductifs des femmes dans le monde. Présente à Bruxelles, mais sans s’engager financièrement pour She Decides, la France organisera son propre événement le 8 mars à Paris.

Une vingtaine de délégations ministérielles, et des représentant.e.s de quarante-cinq pays au total, se sont réunis jeudi 2 mars à Bruxelles à l’occasion de la Conférence internationale “She Decides”, pour affirmer leur soutien aux droits reproductifs dans le monde. Côté porte-monnaie, l’événement a permis de récolter les promesses d’une dizaine d’Etats et de bailleurs privés, pour une contribution totale de 181 millions d’euros au fonds She Decides.

« Cela envoie au monde le message très puissant que le droit fondamental qu’ont les femmes et les filles de décider de ce qui les concerne doit être respecté. Nous n’accepterons rien de moins et nous continuerons le combat pour faire de ce droit une réalité partout dans le monde », commentait à l’issue de la conférence la ministre néerlandaise de la Coopération et du Développement, Lilianne Ploumen.

“Un début prometteur pour le mouvement global en faveur des droits des femmes”

C’est Lilianne Ploumen qui, le 24 janvier, avait lancé l’initiative de financement She Decides (« Elle décide ») pour les ONG affectées par la politique de Donald Trump. Dès le lendemain de sa prise de fonction, en effet, le président américain signait la Global Gag Rule, coupant les financements aux organisations actives dans le domaine du planning familial dans les pays en développement, qui risquent d’être privées de 600 millions de dollars par an.

Voir : “Elle décide” : en réponse à Trump, un fonds international pour les droits reproductifs

Cette conférence She Decides, co-organisée entre la Belgique, la Hollande, le Danemark et la Suède, avait pour but de formaliser les soutiens à cette initiative. Pour le vice-Premier ministre belge et ministre de la Coopération au développement, Alexander de Croo, elle s’est révélée « un début prometteur pour le mouvement global en faveur des droits des femmes que She Decides entend incarner ».

La France compte sur ses propres canaux

Présente à Bruxelles par l’intermédiaire de la ministre des Droits des femmes Laurence Rossignol, la France s’est affirmée parmi ces soutiens, mais ne participe pas directement au fonds. Sa démarche est parallèle. La ministre a indiqué qu’en 2017 la France accorderait 21 millions d’euros, dans le cadre de l’Aide au développement, à la santé sexuelle, maternelle et infantile.

Paris a notamment renouvelé son engagement dans le « Fonds Muskoka », à travers un engagement de 10 millions d’euros en 2017 pour 8 pays d’Afrique ciblés (Bénin, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Niger, Sénégal, Tchad et Togo). Ces fonds, précise le gouvernement, permettront l’achat et la distribution de méthodes contraceptives de longue durée, la formation de personnels de santé en matière de santé sexuelle et reproductive et le financement d’un programme de lutte contre le mariage des enfants.

Le 8 mars, un “Serment de Paris”

Mais cette annonce française n’est pas vraiment une réponse à Donald Trump, puisque le prolongement du fonds français Muskoka, crée initialement pour la période 2010-2015 avec pour objectif de réduire la mortalité maternelle, néonatale et infantile, était prévu de longue date. En 2015, la France avait versé 19 millions d’euros au Fonds Muskoka.

La France prévoit également de lancer un message de dimension internationale, à l’occasion du 8 mars, « pour un droit universel à la santé sexuelle et reproductive » et pour affirmer la nécessité de lutter contre les violences faites aux femmes. Ce “Serment de Paris” sera porté par le ministère des Affaires étrangères et celui des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, en présence de féministes de tous les continents.

 

Scolariser, c’est bien… mais il faut aussi scolariser mieux

Dominique Ouattara est l’épouse d’Alassane Ouattara, président de la République de Côte d’Ivoire. Anciennement chef d’entreprise, elle se consacre aux activités de sa Fondation Children of Africa depuis l’élection de son époux, ainsi qu’au Fonds d’appui aux femmes de Côte d’Ivoire (FAFCI) qu’elle a fondé en 2012.

Tout le monde s’accorde à le dire : l’Afrique est un continent d’avenir.

Un futur qui repose en grande partie sur les épaules de nos jeunes. Il est donc de notre devoir de leur donner dès maintenant les moyens de le construire. Scolarisation, éducation, apprentissage… C’est à nous de leur offrir aujourd’hui la capacité de franchir les étapes de demain. Si d’importants progrès ont été réalisés en matière d’éducation sur notre continent ces dernières années, il reste encore des défis à relever, au premier rang desquels celui de la qualité de l’enseignement prodigué.

L’année 2016 finissait sur un constat positif : il n’y a jamais eu autant d’enfants scolarisés dans le monde qu’au cours de cette année. Le taux d’alphabétisation des jeunes dans le monde a augmenté. La tendance concerne en particulier l’Afrique subsaharienne, où le taux de scolarisation en primaire a gagné 20 points depuis l’an 2000. L’Afrique est donc bel et bien en progression dans le domaine. Mais il faut tout de même rester vigilant, car malgré des progrès incontestables, la situation peut et doit encore être améliorée. L’éducation des enfants du continent africain est un défi de tous les jours. C’est pour cette raison que j’ai fondé Children of Africa en 1998 qui n’a de cesse, depuis lors, d’apporter son aide à notre jeunesse.

Des problématiques diverses

Malgré des améliorations notables, la situation en Afrique reste préoccupante. Ainsi, un récent rapport diffusé le 19 décembre 2016 par l’Observatoire international de la démocratie et de la gestion des crises et conflits (OIDEC) et l’African Child Policy Forum (ACPF), fait état de 34 millions d’enfants africains toujours non scolarisés, « soit plus de la moitié du nombre mondial des enfants non-scolarisés ». Le rapport avance également que ces mêmes enfants « sont peu susceptibles » de retrouver les bancs de l’école un jour… La problématique du taux de scolarisation est donc toujours d’actualité sur notre continent, mais ce n’est pas la seule. En effet, la qualité de l’enseignement qui est dispensé dans nos écoles est aussi à l’ordre du jour.

Une éducation de mauvaise qualité équivaut presque à une absence d’éducation

La focalisation sur le taux de scolarisation peut en effet occulter un autre critère pourtant primordial : la qualité de l’apprentissage. Afin d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) en matière d’éducation, certains ont suivi une politique quantitative, qui ne peut que traiter les symptômes et non les racines du problème. Il y a deux ans, l’Unesco mettait en lumière « une crise globale de l’apprentissage » : classes surchargées, enseignants mal formés, manque de matériel… La vraie valeur de l’enseignement ne se trouve pas dans les chiffres, mais dans ce que les élèves apprennent. Une éducation de mauvaise qualité équivaut presque à une absence d’éducation.

On estime aujourd’hui que 250 millions d’enfants actuellement scolarisés n’acquièrent pas les bases en lecture et en mathématiques, du fait d’un enseignement inefficace ou inadéquat. 25 % à 75 % des enfants des régions les plus démunies ne peuvent pas lire, en dépit de plusieurs années d’école.

Il est donc extrêmement important, lorsqu’on aborde le sujet de la scolarisation des enfants, de prendre en compte ces deux aspects que sont le taux de scolarisation et la qualité de l’enseignement. C’est en tout cas la vision que nous avons adoptée au sein de la Fondation Children of Africa. En plus de distribuer des kits et tenues scolaires, nous cherchons à moderniser les infrastructures en installant des salles multimédias, en fournissant de nouveaux matériels pédagogiques, en distribuant autant de livres scolaires récents et adaptés que possible. Le challenge n’est pas uniquement de faire rentrer les enfants dans les écoles, mais de faire en sorte qu’une fois inscrits, ils y reçoivent un enseignement de qualité.

Les bienfaits d’une éducation de qualité

Les effets positifs qu’entraîne la mise en place d’un système éducatif de qualité sont nombreux, et visibles dans des domaines très divers. Ainsi, la Banque mondiale estime que si tous les enfants quittaient l’école avec des compétences de base en lecture, 171 millions de personnes pourraient sortir de la pauvreté — soit un recul de 12 % de la pauvreté mondiale. De plus, une année de scolarité supplémentaire peut augmenter les revenus d’un individu de 10 %. Par ailleurs, le renforcement du système éducatif d’un pays peut avoir un impact significatif sur son produit intérieur brut (PIB), tout en stimulant sa productivité. D’après l’UNESCO, « lorsque le niveau d’instruction moyen de la population d’un pays donné augmente d’une année, la croissance annuelle du PIB par habitant progresse de 2 à 2,5 % ».

Il ne faut pas non plus négliger l’impact que peut avoir l’éducation dans le domaine de la santé. Un individu à qui l’on a dispensé certains enseignements sera beaucoup plus à même de se soigner correctement, de mieux comprendre les dosages et prescriptions des médicaments, et d’avoir des comportements moins à risque pour sa santé et celle de sa famille. Ainsi, toujours selon l’Unesco, « si toutes les femmes avaient achevé l’enseignement primaire, la mortalité maternelle diminuerait de deux tiers, sauvant chaque année 189 000 vies humaines » et « la mortalité infantile diminuerait d’un sixième, épargnant chaque année près d’un million de vies humaines. »

La mise en place d’un système éducatif de qualité, gratuit et ouvert à tous, crée un cercle vertueux. En effet, l’éducation n’influence pas uniquement ceux qui la reçoivent dans les écoles ou les universités, mais aussi leur entourage. La transmission du savoir se fait en premier lieu au sein de la cellule familiale. Ainsi, la scolarisation d’un enfant lui est bénéfique, mais l’est également pour ses parents et ses frères et sœurs. L’éducation des jeunes générations joue donc un rôle majeur dans le développement d’un pays tant sur le plan économique que social.

Paludisme : la propagation inquiétante de la résistance au traitement

Un cas de résistance au principal traitement contre le paludisme a été observé pour la première fois en Afrique. Une mauvaise nouvelle pour la lutte contre cette maladie qui a fait plus de 400.000 morts dans le monde en 2015

C’est une découverte préoccupante pour les efforts mondiaux de contrôle du paludisme, qui a fait plus de 400.000 morts dans le monde en 2015 : Plasmodium falciparum, le parasite responsable du paludisme, devient plus résistant aux traitements. Après l’Asie du Sud, un cas de résistance au principal médicament, l’artémisinine, a été observé pour la première fois en Afrique, révèle une étude publiée dans le New England Journal of Medicine.

L’artémisinine, dernier antipaludéen qui résiste encore au parasite

L’artémisinine est la principale arme contre cette maladie transmise par des moustiques, qui a touché 214 millions de personnes en 2015, surtout en Afrique subsaharienne chez les jeunes enfants. Cette équipe internationale de recherche a identifié l’origine africaine de ce parasite résistant à l’artémisinine, détecté chez un malade chinois qui avait voyagé de Guinée Équatoriale en Chine. Normalement, l’artémisinine, combinée à un autre antipaludéen, élimine les parasites du sang en trois jours.

Mais dernièrement des souches du parasite en Asie du Sud sont devenues plus résistantes à l’artémisinine. Cette résistance est encore partielle et la majorité des malades guérissent, cela leur prend juste plus de temps. Toutefois, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et tous les experts redoutent que le Plasmodium falciparum ne finisse par développer une résistance totale à l’artémisinine, comme c’est déjà le cas pour les autres antipaludéens.

« Un revers majeur dans la lutte contre le paludisme »

Cette nouvelle étude a été menée par Jun Cao de l’Institut Jiangsu des maladies parasitaires, en Chine. Celui-ci a pu confirmer que le parasite était porteur d’une nouvelle mutation dans un gène dit K13, le principal agent de la résistance à l’artémisinine en Asie. L’origine africaine de cette mutation a été établie par un séquençage génétique effectué par Arnab Pain, professeur de bio-science à l’Université des sciences et technologies du roi Abdallah, en Arabie saoudite. « La propagation de la résistance à l’artémisinine en Afrique serait un revers majeur dans la lutte contre le paludisme » puisque ce médicament est la seule arme efficace contre cette maladie pour le moment, souligne le professeur Pain. « Il est de ce fait très important de surveiller régulièrement la résistance à l’artémisinine dans le monde ».

Les premières souches résistantes sont apparues en 2008 au Cambodge. Le rôle clé du gène mutant K13 a été découvert en 2014 par des chercheurs de l’Institut Pasteur à Paris et au Cambodge. La stratégie actuelle pour traiter les patients infectés par des parasites résistants est de recourir à une combinaison de médicaments, surtout d’anciens antipaludéens plus efficaces pendant un certain temps, comme on fait avec les antibiotiques.

LL avec AFP

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Des ONG africaines se mobilisent

Des actions au cœur des débats du 4e round Afrisanté de Marrakech

S’il y a un secteur qui a besoin d’intervention urgente en Afrique, c’est bien la santé. Le continent manque d’une vision horizontale des systèmes de santé africains capable de soutenir les politiques et les efforts des décideurs africains dans ce domaine si vulnérable pour le développement de ses populations. Et c’est ce à quoi souhaite répondre la 4e édition du forum «Afrisanté» (FAS 2017) qui aura lieu à Marrakech du 1er au 2 mars.

Quel établissement de soin pour notre environnement africain? Quelles normes africaines peut-on construire ensemble pour développer des structures de soins adaptées à nos besoins et à nos moyens? Comment peut-on ensemble affronter le déficit en ressources humaines nécessaires à nos établissements de soins? Le continent africain compte aujourd’hui environ 24% des personnes malades sur le plan mondial, mais seulement 3% de l’effectif mondial des professionnels de la santé.

Ainsi, on enregistre déjà un manque de 7,2 millions de professionnels de la santé au niveau mondial, ce chiffre atteindra 12,9 millions d’ici 2035. En termes de formation, l’Afrique est au rang des très mal-lotis. Les 47 pays d’Afrique subsaharienne comptent à peine 168 facultés de médecine et, parmi ces pays, 11 ne disposent d’aucune faculté de médecine et 24 n’en ont qu’une seule. Au cours des 5 dernières années, les écoles de médecine africaines ont perdu de 10 à 18% de leur corps enseignant. Les résultats à la fin de ce parcours du combattant sont bien connus.
La fuite des cerveaux qui touche particulièrement les professionnels de la santé africaine et qui fuient les conditions de travail exécrables dans la plupart des pays africains. Et c’est justement ce constat alarmant que l’ONG Yenda aimerait débattre lors de cette 4e édition Afrisanté.

«Il s’agit non seulement de faire le diagnostic mais surtout d’envisager avec les décideurs présents les pistes pratiques à développer pour pallier ce grand déficit en ressources humaines dans les différents domaines de la santé en Afrique», insiste Pr. Mohamed Khaled Choulli, président de l’ONG. Cette problématique étant le déterminant essentiel à l’amélioration des systèmes de santé africains.
Organisée par i-conférences et placée sous l’égide du ministère de la Santé, Afrisanté se veut une plateforme B2B, de débats et d’échanges entre gouvernements, professionnels du secteur, organismes de financement et experts internationaux. L’occasion aussi pour les ministères de la Santé de ces pays africains de présenter leurs programmes d’investissement dans les établissements hospitaliers, mais aussi pour des ONG de présenter leurs expertises.