9 août 2017 Juliette

Afrique : le défi sanitaire en passe d’être relevé ?

SocialMag

Encore marqué par le récent épisode d’Ebola, le continent africain se sait en retard sur le reste du monde en matière de santé. Plusieurs pays parviennent toutefois à inverser la tendance grâce à des actions venant du public, du privé, mais aussi d’associations, comme Children of Africa, présidée par la Première Dame de Côte d’Ivoire, Dominique Nouvian Ouattara.

La situation s’améliore

Les 27 et 28 juin derniers, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) organisait à Kigali (Rwanda) le premier forum africain sur la santé, avec pour thème « Les populations d’abord : la route vers la couverture sanitaire universelle en Afrique ». Si la réapparition du virus Ebola, responsable de plus de 11 000 morts en 2014 et 2015, est toujours présente dans les esprits, elle a surtout rappelé au monde entier les limites du système sanitaire africain dans son ensemble, et les conséquences potentielles de ces limites à l’échelle de la planète.

Avec un médecin et 10 lits d’hôpital pour 10 000 habitants, l’Afrique subsaharienne dispose de moyens matériels et humains largement inférieurs à ceux recommandés par l’OMS (sept médecins et 30 lits). Les dépenses de santé y sont 10 fois moins importantes que la moyenne mondiale, d’où un risque multiplié par deux de mourir à la naissance et une espérance de vie moins longue de 14 ans.

Par ailleurs, le manque de personnels soignants est criant : au début des années 2000, 20 000 d’entre eux quittaient l’Afrique chaque année. 34 % des infirmières originaires du Zimbabwe et jusqu’à 75 % des médecins formés au Mozambique exercent à l’étranger. La fuite des professionnels de santé vers les pays riches est telle que l’Île-de-France compte aujourd’hui plus de médecins béninois que le Bénin lui-même…

Depuis le Sommet d’Abuja en 2001, les dirigeants africains ont, pour un certain nombre d’entre eux, tenu leur engagement d’allouer 15 % du budget national à la santé. De 70 dollars, les dépenses publiques par habitant s’élèvent maintenant à 160 dollars en moyenne. Le Sida, alors six fois plus présent en Afrique que dans le reste du monde, recule progressivement avec près de 50 % de décès en moins depuis 2005.

Et grâce à la distribution massive de médicaments antiviraux, l’Onusida espère l’éradication du VIH d’ici 2030, même si 30 % des malades ne savent toujours pas qu’ils sont porteurs du virus et près d’un quart (24 %) de ceux informés de leur séropositivité ne suivent pas de traitement.

La lutte contre le paludisme, autre fléau majeur du continent, s’est également intensifiée depuis que la plupart des pays africains ont consenti à l’administration d’antipaludiques efficaces. Et tandis que certaines maladies comme l’onchocercose, la dracunculose et la poliomyélite sont en passe d’être éradiquées, d’autres continuent à frapper les Africains, et notamment les plus jeunes, de manière inquiétante comme la fièvre typhoïde, qui emporte encore chaque année plus de 200 000 victimes.

De Dominique Nouvian Ouattara aux startups sud-africaines : des initiatives probantes

C’est pour prendre la mesure des défis sanitaires qui attendent l’Afrique que le forum africain sur la santé s’est tenu le mois dernier dans la capitale rwandaise. Lors de ce rendez-vous inédit, des experts de haut niveau se sont penchés sur les enjeux prioritaires et les solutions possibles pour rattraper le retard pris par le continent.

Ainsi, de nombreuses initiatives ont déjà vu le jour, et plusieurs ont fait leurs preuves, notamment à l’échelle des États. En Côte d’Ivoire, le Ministère de la santé dirigé par Raymonde Goudou Coffie a obtenu des résultats très encourageants dans la lutte contre le Sida. Entre 2012 et 2015, le nombre de femmes enceintes séropositives placées sous antirétroviraux a quasiment doublé (80 % contre 44 % auparavant). L’accès aux traitements a également augmenté de 84 % depuis 2010, tandis que les nouvelles infections ont chuté de plus de 50 % en 14 ans dans le pays.

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