21 janvier 2016 nexizeteam

Amref : la santé au service du développement en Afrique

INTERVIEW. Première ONG de santé publique en Afrique, l’Amref met en avant des professionnels aguerris au service de son idéal. Esther Madudu, sage-femme, et Sylla Thiam, médecin, en expliquent les enjeux.

L’Amref Flying Doctors n’est rien moins que la première ONG de santé publique en Afrique. Fondée en 1957, elle est le porte-voix de femmes et d’enfants africains qu’entre autres, Esther Madudu, sage-femme, et Sylla Thiam, médecin, s’évertuent à faire naître, mais aussi à bien ou mieux vivre y compris quand des maladies se déclarent. Le docteur Sylla Thiam est responsable du programme VIH-Malaria-Tuberculose au sein de l’Amref. Avec Esther Madudu, ils symbolisent la campagne internationale Stand up for African Mothers. De quoi s’agit-il ? Depuis 2011, cette campagne vise à former 15 000 sages-femmes africaines pour contribuer à réduire la mortalité maternelle et néonatale en Afrique subsaharienne. À la fin 2015, plus de 7 000 sages-femmes ont déjà pu bénéficier des programmes de formation de l’Amref dans 7 pays d’Afrique. Le lancement officiel de la phase II a eu lieu en octobre dernier lors d’un grand gala organisé avec le soutien notamment du gouvernement de la Principauté de Monaco, la Fondation Princesse Grace, la Fondation Sanofi Espoir et la Fondation Stavros Niarchos à Monaco. Alors qu’en 2050, les statistiques mondiales prévoient qu’un enfant sur trois naîtra en Afrique, l’Amref se tient prête à répondre efficacement en proposant des solutions africaines. Entretien croisé avec deux visages d’une Afrique nouvelle qui veut se construire sur un système de santé de qualité.

Le Point Afrique : En 2050, un enfant sur trois dans le monde naîtra en Afrique, que représente cette statistique pour l’Amref ?

Dr Sylla Thiam : Tout d’abord en 2050, l’Afrique sera l’un des continents les plus peuplés. Nous n’avons pas atteint les objectifs du millénaire pour le développement en termes de réduction de la mortalité des enfants. Le même constat d’échec est à faire sur le plan socio-économique. Car une population qui double ou triple, cela veut dire qu’il y aura plus de jeunes sur le marché du travail et plus de bouches à nourrir. Il faudra donc créer des emplois pour ces jeunes.

Que fait l’AMREF par rapport à cette réalité ?

Dr Sylla Thiam : Nous avons produit une étude sur les objectifs de développement durable (en anglais Sustainable Development Goals – SDGs – qui ont remplacé les Objectifs du millénaire pour le développement – OMD). Selon l’Amref, l’accent doit être mis sur la santé maternelle et infantile. Cela est au coeur des actions de l’Amref. Nous proposons des solutions africaines aux problèmes de santé, car cela résoudra de nombreux autres problèmes des femmes et des enfants qui vivent dans les zones reculées à travers des approches novatrices. À ce titre, nous nous intéressons à tous les aspects liés à la santé maternelle et infantile. Notre réponse se veut être une réponse à 360 degrés, qui propose de prendre en charge la femme dés le début de sa grossesse, et ensuite nous nous assurons que les enfants qui naissent soient suivis, soignés. Mais notre priorité est qu’ils naissent dans des bonnes conditions parce que vous savez qu’en Afrique la femme représente le pilier de la maison et si cette femme n’est pas soignée ou en bonne santé, c’est toute la maison qui est malade.

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