12 juillet 2017 Juliette

Fatimata Sy : « Notre objectif d’amener un million de femmes d’Afrique de l’Ouest à la contraception a été largement atteint »

Jeune Afrique

Mardi 11 juillet, dans la capitale britannique, se tiendra un sommet sur la planification familiale en Afrique. La Sénégalaise Fatimata Sy a 25 ans d’expérience dans le domaine du développement international et de la santé publique en Afrique. Elle décrypte pour nous les enjeux de cet événement.

Les intervenants du sommet de Londres sur la planification familiale, seront amenés à se pencher sur l’accès des plus pauvres et des plus jeunes aux contraceptifs sur le continent. Ils devront aussi explorer des modes de financement novateurs en la matière. Et alors que l’Afrique de l’Ouest francophone accomplit des progrès spectaculaires dans ce domaine, ses représentants vont plaider en faveur de nouveaux engagements.

Diplômée en santé publique de l’École de santé publique et de médecine de Tulane et de l’Institut de Technologie de Nancy (France), Fatimata Sy dirige le partenariat de Ouagadougou, qui réunit les neufs pays d’Afrique de l’ouest francophone réunis dans la capitale britannique la semaine prochaine.

Jeune Afrique : le sommet de la planification se tient le 11 juillet à Londres. Quels sont les enjeux de cette rencontre?

L’initiative Planification familiale 2020 (PF 2020), lancée en juillet 2012 au niveau mondial, a fixé un certain nombre d’objectifs, notamment celui de donner accès à la contraception à environ 110 millions de femmes et de filles sur la planète. En 2017, nous sommes à mi-parcours, et la communauté internationale a jugé utile de réunir divers acteurs pour mesurer les avancées réalisées et réexaminer les engagements pris par les pays en terme de planification familiale. Voire pour en rajouter, car nous voudrions d’ici 2020 intégrer 2 millions de femmes en plus dans nos objectifs.

Il s’agira également de voir comment les pays vont s’engager pour le financement des actions en faveur d’une telle planification. En plus des ministres de la Santé, leurs homologues en charge des Finances et des Plans ont été conviés, l’objectif étant d’avoir un dialogue cohérent et inclusif sur la thématique qui nous intéresse. Nous voulons tendre vers une autonomisation des financements, parce qu’aujourd’hui, la question de la planification familiale est lourdement tributaire de l’aide extérieure. Ce d’autant plus que la Planification familiale n’est pas seulement vue comme un élément fondamental pour réduire la mortalité maternelle et infantile : c’est un atout pour capter les dividendes démographiques.

Vous citez le Burkina comme un bon élève en matière de planification familiale. Pourquoi ?

Il y a eu un engagement politique au sommet de l’État. Le président du Faso a érigé la question de la planification familiale comme l’un des piliers nécessaires pour capter les dividendes démographiques. Je pense que cela a été un élément majeur.

D’autre part, au-delà du discours politique, le Burkina est l’un des pays qui a favorisé le financement endogène de la PF en créant une ligne budgétaire d’environ 500 millions de F CFA par an pour l’achat des contraceptifs.

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