1 février 2018 Juliette

L’éducation au défi de la croissance démographique en Afrique subsaharienne

 Le Point Afrique

 

Education : Les présidents français Emmanuel Macron et sénégalais Macky Sall s’apprêtent à relancer le Partenariat mondial pour l’éducation (PME) dans un contexte de fortes dynamiques démographiques.

À la veille de l’ouverture à Dakar de la conférence de restitution du Partenariat mondial pour l’éducation (PME), coprésidée par Emmanuel Macron et Macky Sall, et alors que la Banque mondiale parle dans son dernier rapport d’une « crise mondiale de l’éducation », il est temps d’explorer les voies d’une alliance objective entre dynamiques démographiques et éducation de la jeunesse en Afrique subsaharienne.

Éduquer dans un contexte de fortes poussées démographiques

« L’éducation est à l’esprit humain ce que la sculpture est à un bloc de marbre… » écrivait Joseph Addison à la fin du XVIIe siècle. En Afrique subsaharienne, faut-il craindre que l’école demeure dans un état inachevé, du fait d’une croissance démographique dont plus personne ne sait dire si elle est une réelle opportunité ou la promesse d’une génération non éduquée ?

Pourtant, l’Afrique est un continent de responsabilité. Malgré la faiblesse des produits intérieurs bruts, donc des recettes budgétaires, la part des dépenses publiques consacrées à l’éducation y avoisine 17 %, contre 11,8 % en Europe ou aux États-Unis, pour une moyenne mondiale de 14,1 %. À leur mesure, les États africains assument donc leurs responsabilités. Il en va de même pour les familles puisqu’elles consentent un effort considérable en faveur de leurs enfants vu l’importance des opportunités qu’elles escomptent pour eux. Ainsi l’Unesco a-t-elle récemment montré que les ménages contribuaient entre 33 % (Côte d’Ivoire) et 57 % (Ouganda) aux dépenses d’éducation.

En revanche, la communauté internationale s’assoupit. La Conférence sur le Partenariat mondial pour l’éducation (PME), qui s’ouvrira le 2 février 2018 à Dakar (Sénégal), rappellera haut et fort qu’en 2015 l’éducation a représenté moins de 7 % du total de l’aide publique au développement (APD), soit autant que celle allouée au transport ou deux fois moins que celle dédiée à la santé…

Mais, tout se réduit-il aux chiffres ou aux graphiques ? Faut-il sans fin accroître l’effort public et privé sans s’interroger sur la façon même de poser la question ? Faut-il se résigner à ce que l’école coure après la croissance démographique sans agir sur la croissance démographique elle-même ?