22 novembre 2017 Juliette

La FID estime qu’une femme sur dix vit avec le diabète et beaucoup n’ont pas accès aux soins de santé 

SCI DEV NET

 

Selon les dernières estimations de la Fédération Internationale du Diabète (FID) [1], un adulte sur 11 souffre de la maladie, soit un total de 425 millions de personnes et 10 millions de personnes de plus qu’en 2015.

Associée à un certain nombre de complications débilitantes affectant les yeux, le cœur, les reins, les nerfs et les pieds, la maladie touchera près de 700 millions de personnes d’ici à 2045.

Plus de 350 millions d’adultes, tous sexes confondus, courent actuellement un risque élevé de développer le diabète de type 2, la forme la plus répandue de la maladie.

Les difficultés à concevoir, les fausses couches, les bébés mal formés et un mauvais état général des grossesses constituent quelques-uns des principaux impacts  sur les femmes.

La FID estime qu’une femme sur dix vit avec le diabète et beaucoup n’ont pas accès aux soins de santé et ne sont pas sensibilisées à la maladie.

“Le diabète est bien une question de santé publique et cela interpelle les Etats qui doivent mettre en place des moyens de lutte et de sensibilisation idoines.”

Baye Oumar Gueye – ASSAD Sénégal

Un problème encore plus grave est celui du diabète pendant la grossesse ou celui du diabète non contrôlé avant la grossesse – une naissance sur sept est affectée par le diabète gestationnel. Le diabète est également la neuvième cause de décès chez les femmes dans le monde, causant 2,1 millions de décès par an.

Il n’est donc pas étonnant que, pour faire prendre conscience de ces questions, le thème de la journée mondiale de lutte contre le diabète porte cette année sur « Les femmes et le diabète : notre droit à un avenir sain. »

Selon Baye Oumar Gueye, secrétaire général de l’Association Sénégalaise de Soutien et d’Assistance aux Diabétiques (Assad) [2], en 2041, « le diabète risque de toucher 313 millions de femmes. »

« Le diabète est bien une question de santé publique et cela interpelle les Etats qui doivent mettre en place des moyens de lutte et de sensibilisation idoines », ajoute-t-il.

Diabetes figures

Seydou Nourou Diop, qui a dirigé pendant plusieurs années le centre Marc Sankalé de prise en charge des diabétiques, basé à Dakar, assure que les femmes risquent de payer un lourd tribut à la maladie.

Au plan mondial, le diabète touche un peu moins les hommes que les femmes et, de fait, la mortalité est plus importante chez la femme, notamment dans le cadre de l’association entre grossesse et diabète.

Seydou Nourou Diop estime qu’au Sénégal, « ce sont 80% de femmes diabétiques qui viennent en consultation pour se faire suivre, beaucoup plus que les hommes qui se croient à l’abri et viennent une fois avant de disparaître. Mais le gros problème, c’est que la plupart de ces femmes sont en état de procréer et si elles ne sont pas en bonne santé, ou si le diabète n’est pas maîtrisé, elles risquent de perdre leur grossesse ; il faut que le diabète soit découvert si possible avant la grossesse et maîtrisé. »

Seydou Nourou Diop ajoute qu’en Afrique, si on met de côté la « femme intellectuelle » qui a beaucoup de moyens, la femme, en général, est soumise au mari ou à la famille, à des conditions qui font qu’elle ne peut pas exercer son droit à la santé, surtout quand elle est diabétique. C’est aussi la responsabilité de l’Etat d’informer et de sensibiliser ces femmes. »