17 mars 2016 nexizeteam

La santé en Afrique

Les succès contre les maladies transmissibles, rattrapés par les pathologies modernes

LONDRES- La santé en Afrique progresse « lentement » et a réussi à améliorer l’espérance de vie, mais les succès contre les maladies transmissibles ont été rattrapés par les pathologies modernes, connus jusqu’alors dans les pays développés, ont indiqué jeudi à Londres des participants au sommet sur la santé en Afrique.

Des responsables d’organisations africaines de santé ont souligné que l’Afrique qui a longtemps lutté contre les épidémies du malaria, ebola, polio se voit aujourd’hui confrontée à un «nouveau défi», qui est les maladies connues jusque là pour être spécifiques aux pays développés.

Dawit Wallu Diglu, directeur d’un centre de santé et représentant d’une organisation Ethiopienne de santé, a souligné qu’il est vrai que la mortalité mère enfant a été réduite d’une façon remarquable, que l’Ebola a été éradiqué en Afrique occidentale, mais le cancer est devenu aujourd’hui un problème de santé public dans plusieurs pays africains.

Il cite en exemple l’Ethiopie ou l’espérance de vie qui est passée de 48ans à 60 ans, mais, où des maladies plus «difficiles» et plus «coûteux» à traiter sont apparues, tel que le cancer, le diabète et les maladies cardio-vasculaires, qui devraient être intégrés dans une politique globale de santé publique, a-t-il relevé.

Il rappelle que lors de ces quinze dernières années, le nombre de diabétiques a doublé en Afrique, et s’attend à ce que cette tendance ne change pas en raison du manque de spécialistes diabétologues.

Le président de la plateforme santé de l’Afrique subsaharienne, Amit Thakker, a pour sa part, relevé que le progrès s’est fait et se fait très lentement pour «plusieurs raisons, pas toujours financières».

Il évoque un faible niveau de gouvernance et de responsabilisation, la corruption, parfois à tous les niveaux, l’instabilité politique, les conflits, et les faiblesses du système de santé.

Pour M. Thakker, tout ce qui contribue à freiner la qualité de vie, touche à la stabilité sociale et maintien la pauvreté, contribue par la même, à la dégradation de la santé publique.

Il cite la mauvaise qualité nutritionnelle, le taux élevé de la population n’ayant pas accès à l’eau potable, (300 millions selon les chiffres de l’OMS de 2015), et le manque d’hygiène.

Le cancer, a-t-il dit, par ailleurs, enregistre plus de 800 000 nouveaux cas chaque année en Afrique, sans compter ceux qui ne sont pas consignés.

Directeur au centre «african centre ehealth excellence», Tom Jones, souligne également que malgré les améliorations réalisées au niveau des résultats de santé en Afrique, les progrès palpables «sont encore limités».

Parmi les raisons qu’il avance, l’utilisation non rationnelle des ressources destinées à la santé, à des proportions plus élevées que dans le reste du monde, ce qui n’aide pas à l’amélioration des résultats sanitaires.

La croissance rapide de la population a occasionné des demandes croissantes sur les services de santé, notamment en Afrique subsaharienne ou le taux de natalité est l’un des plus élevé dans le monde, enfonce davantage la mauvaise santé, a-t-il souligné.

Cette région compte le nombre le plus élevé de cas de porteurs de virus du sida dans le monde, qui est la première cause de mortalité dans cette région.

L’Afrique subsaharienne dont la population est estimée aujourd’hui à 650 millions d’habitants, soit 11% de la population mondiale, devrait atteindre en 2020, un (01) milliard d’individus et 1 milliard 500 millions en 2050.

Elle compte l’un des plus forts taux de croissance démographique,  2,6 %, soit le double de la moyenne mondiale, selon des chiffres avancés lors du sommet.

Tous se sont accordés à dire que la solution à l’amélioration de la santé en Afrique, réside en une politique globale de planification dans tous les secteurs touchant directement le développement humain, tel que l’éducation et l’accès général à l’eau potable.

Le transfert de technologies de pointe, et le partenariat entre les gouvernements et le secteur privé devrait être renforcé de façon à être, « plus intelligent, plus efficace pour le bien être des populations en Afrique.