PORTRAITS

Laye Kodjo  

« Avant de devenir maïeuticien, j’étais infirmier. J’en suis venu à ce métier pour aider ma maman qui a tellement fait pour moi. Aider ma maman à travers les autres femmes. Si j’ai aidé une femme alors j’ai aidé ma maman. »

 

Laye travaille à l’Hôpital du district de Boulmiougou à Ouagadougou où on compte 40 sages-femmes dont 7 maïeuticiens et entre 400 et 600 accouchements par mois.

« D’une part le nombre de personnel qualifié reste trop faible et d’autre part tout le monde ne peut travailler efficacement car il y a insuffisance d’espace et de plateau. Par conséquent, il y a du retard dans la prise en charge des patientes. Or pour moi l’approche la plus appropriée pour la réduction des décès maternels et infantiles est l’intégration de la dimension humaine dans nos prestations.

Il faut interpeller l’état à investir à promouvoir un environnement favorable pour une prestation de qualité.

Pour ce congrès j’ai développé le thème ‘’Soins humanisés au cours de l’accouchement’’.

Assister tout être humain demande à être humain. Malgré le nombre de patientes, comme nous sommes un service d’urgences, j’arrive à suivre de façon rapprochée et ciblée un certain nombre de femmes.

Le message que j’aimerais transmettre à l’endroit des autorités sanitaires et politiques : faites en sorte que les acquis soient pérennisés et renforcez ce qui devrait l’être, comme l’investissement dans le domaine des ressources humaines et matérielles, renforcez la motivation des prestataires. Motivations qui pourraient se traduire par la sécurité de l’agent de santé, sur le plan financier et de sa santé.

Et mon message à l’endroit des prestataires serait le suivant : on a prêté serment, on doit faire en sorte de pouvoir satisfaire celui ou celle qui a besoin de nous, en restant disponible, accessible, et faire en sorte d’être accepté par les parturientes. Cela ne pourra se faire sans l’humanisation des soins. Par ailleurs, la science évolue, les sages-femmes doivent aller à la recherche de nouvelles compétences à travers l’autoformation, la participation à des congrès, en captant des expériences via Internet. Moi-même je suis continuellement à la recherche d’informations et d’innovations.

La sage-femme devrait recevoir une formation continue et des remises à niveau tout au long de sa carrière.

 

 

Propos recueillis par Nathalie Lam lors du congrès des sages-femmes à Ouagadougou le 22 novembre 2016, congrès organisé dans le cadre du 14è congrès de la SAGO (du 21 au 24 novembre 2016).

Crédit photos : ©Sophie Garcia / UNICEF