11 janvier 2017 Juliette

sage-femme en cote d’Ivoire : témoignage de Marie-Bernadette

Portraits of midwives gathered at the 8th congress of the society of gynecologists and obstetricians of Burkina (SOGOB)

Mme Marie-Bernadette Bouadré – Côte d’Ivoire

Marie-Bernadette était professeur de biologie. Puis elle a pratiqué en tant que sage-femme de 1988 à 1993. Elle est retournée à l’enseignement et est aujourd’hui coordinatrice des études à l’école des sages-femmes d’Abidjan.

Sa motivation : aider ses sœurs, prendre soin de la femme et défendre le métier de sage-femme.

« Le profil de carrière doit être clair et ouvert afin de permettre aux sages-femmes d’avancer et avec motivation. Or ce n’est pas le cas du tout aujourd’hui. A 21 ans tu deviens sage-femme. Le salaire n’est pas enviable. La salle d’accouchement est une salle d’urgence. Le stress est permanent 24h/24. On ne peut pas rester en salle d’accouchement plus de 5 ans. »

Marie-Bernadette souligne aussi le problème du redéploiement du personnel conduisant à la pénurie de personnel qualifié dans les zones déshéritées.

« Lorsque les sages-femmes sont en zones reculées, on peut les oublier jusqu’à leur retraite ! Or elles devraient bénéficier d’une prime sur leur salaire, avoir une ambulance, une moto, et pouvoir travailler dans de bonnes conditions. On ne peut pas aider les autres au péril de sa propre vie.

Il faut une politique nationale. Dans les pays, la prise de décisions passent par les médecins. Or pour les médecins  les sages-femmes doivent mourir sages-femmes. Pourtant, nous devrions être plus entendues. En effet, nous sommes en première ligne des soins, confrontées à un grand stress, aux rudes conditions de travail, à la défaillance du matériel.

En tant qu’enseignante, je me bats pour que le référentiel de formation de la sage-femme soit bien défini et basé sur la compétence. Il faut que l’élève soit au centre de la formation, que le plateau technique des écoles et des établissements de santé soit bien fourni pour garantir l’acquisition de gestes efficaces et efficients pour intervenir.

Je le répète, il faut un engagement politique pour renforcer les capacités des enseignants avec du matériel fonctionnel à l’appui adéquat. »