PORTRAITS

Marie-Chantal Senou – Côte d’Ivoire

Je suis sage-femme depuis 12 ans, je travaille au CHU de Bouaké. J’ai choisi ce métier car j’adore les enfants depuis toujours.

 

Exercer au village c’est compliqué pour de multiples raisons. Il faut non seulement faire avec les moyens du bord mais il faut tout faire. Et souvent sans électricité ni eau potable sur place. Au village, tu es à la fois médecin, infirmier et sage-femme. Et il est très important de se faire adopter par la population et de la sensibiliser sinon les femmes ne viendront pas.

Je souhaiterais que les sages-femmes soient aussi aux instances de décisions, au même titre que les médecins. Car aujourd’hui seuls les médecins décident et nous, on nous défend de parler.

J’aimerais aussi qu’on évolue en termes de planification familiale. Pourquoi ça bute. Pourquoi les femmes sont toujours trop réservées sur ce sujet. En Afrique on dépend des maris ce qui complique parfois certains aspects en ce domaine notamment.

Je connais bien le feuilleton « C’est la Vie ! » qui dépeint 2 sortes de sages-femmes. Celle qui a envie et celle qui est toujours en train de mettre des bâtons dans les roues de l’autre. Des situations qu’on vit.

 

Propos recueillis par Nathalie Lam lors du congrès des sages-femmes à Ouagadougou le 22 novembre 2016, congrès organisé dans le cadre du 14è congrès de la SAGO (du 21 au 24 novembre 2016).

Crédit photos : ©Sophie Garcia / UNICEF