11 août 2017 Juliette

Les croyances, une entrave à la lutte contre le paludisme chez la femme enceinte

SciDevNet

Selon une étude, en en Afrique subsaharienne, l’idée répandue chez les femmes enceintes qu’elles ne courent pas le risque de contracter le paludisme les dissuade de se préoccuper de la prévention et du traitement.

Selon les chercheurs, il est nécessaire d’explorer les facteurs qui influent sur les décisions des femmes enceintes de se conformer aux interventions contre le paludisme dans la région.

Il y a une perception en Afrique subsaharienne que le paludisme n’est pas dangereux, cependant qu’il est l’une des maladies les plus meurtrières qui soient.”

Matilda Aberese-Ako
Université de la Santé et des Sciences apparentées – Ghana

L’étude a été présentée lors de la Rencontre annuelle des bénéficiaires africains de la bourse d’excellence en leadership, en formation et en sciences (DELTAS), au Ghana, le mois dernier (3-5 juillet).

Les chercheurs ont identifié 60 articles de revues publiés entre 2005 et 2016 dans les pays d’Afrique subsaharienne, y compris le Ghana, le Kenya, le Nigeria, le Malawi et l’Afrique du Sud, auprès de PubMed et d’autres sources et ont évalué les facteurs qui motivent les femmes à respecter les interventions pour lutter contre le paludisme.

L’étude constate que les femmes enceintes analphabètes ont une mauvaise connaissance de l’infection par le paludisme.

Matilda Aberese-Ako, chercheuse principale et chercheuse postdoctorale à l’Université de la Santé et des Sciences apparentées du Ghana, affirme que les facteurs interpersonnels, communautaires, environnementaux et socioculturels influencent les femmes enceintes dans le choix de prendre des initiatives pour prévenir ou traiter le paludisme.

« Il y a une perception en Afrique subsaharienne que le paludisme n’est pas dangereux, cependant qu’il est l’une des maladies les plus meurtrières qui soient et influence la décision de prévenir et de traiter », déclare-t-elle à SciDev.Net. « D’autres estiment que des forces surnaturelles pourraient être à l’origine de la maladie chez la femme enceinte [et] les gens relient la maladie aux forces spirituelles, ce qui les conduit à voir un tradipraticien ».

L’étude constate également que les femmes nanties et plus âgées sont plus enclines à accéder aux interventions contre le paludisme.

Selon Aberese-Ako, l’étude n’est pas encore publiée dans une revue évaluée par des pairs.

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