Elimination du paludisme : Les maires du Sénégal signent un pacte d’engagement avec le Pnlp

Le Soleil Online

 

Pour aller vers l’élimination du paludisme qui recule de plus en plus au Sénégal, le Programme national de lutte contre le paludisme (Pnlp) veut une mobilisation des ressources domestiques. Dans ce sens, ce programme a procédé, hier, avec l’Association des maires du Sénégal, à la signature d’un pacte d’engagement pour l’élimination de cette maladie au Sénégal.

90 % des décès liés au paludisme sont enregistrés en Afrique. Le Sénégal fait partie aussi des 43 pays de l’Afrique subsaharienne où le paludisme est endémique et constitue un problème de santé publique. Mais, depuis 2015, on observe une baisse de plus de 65 % des cas et de plus de 70 % des décès dus au paludisme par rapport à 2000. Nonobstant, il faut poursuivre la mobilisation pour ne pas régresser. C’est ainsi que le Programme national de lutte contre le paludisme (Pnlp) a signé, hier, avec l’Association des maires du Sénégal (Ams), un pacte d’engagement pour l’élimination de cette maladie.

Le coordonateur adjoint du Pnlp, Dr Moustapha Cissé, a indiqué qu’ils sont à « un tournant décisif » dans la lutte contre le paludisme qui a été pendant longtemps la première pathologie dans nos structures de santé. Compte tenu du fait qu’elle a beaucoup reculé grâce à l’engagement des partenaires et de l’Etat, le coordonateur adjoint du Pnlp a demandé de ne pas baisser les bras, car à cette étape, l’Oms pense que l’Etat concerné doit se mobiliser et utiliser plus de ressources domestiques vu que les partenaires internationaux se tournent vers des pays plus touchés. « A l’étape de pré élimination, il faut continuer la mobilisation, il faut des outils plus soutenus qui coûtent plus chers pour faire diminuer davantage la maladie. C’est pour cela que la mobilisation politique comme celle des maires est très importante », a laissé entendre le coordonnateur adjoint du Pnlp.

Pour lui, l’objectif étant d’aller vers l’élimination du paludisme en 2030, le pacte d’engagement avec l’Association des maires du Sénégal est très important, parce que les élus locaux sont plus proches de la population et prennent chaque jour des décisions qui impactent directement sur le vécu des citoyens. Dr Cissé a ainsi invité les maires, dans le cadre de la mobilisation des ressources domestiques, de mener des politiques qui vont permettre aux districts sanitaires d’avoir la gratuité de certains soins du paludisme. « Les collectivités locales doivent jouer leur rôle. Avec ce pacte, on va sentir la volonté politique des maires du Sénégal d’éliminer le paludisme. Il faut une mobilisation politique, citoyenne et domestique, car on est sûr que les partenaires étrangers ne vont plus dépasser leur niveau actuel d’engagement », a plaidé le responsable du Pnlp. Le vice-président de l’Association des maires du Sénégal, Oumar Bâ, a salué ce pacte venu renforcer les compétences des collectivités locales qui prenaient déjà en charge la santé, laquelle est une des compétences transférées. Pour lui, le premier indicateur de l’engagement des maires, c’est la mobilisation  des Fonds de dotation pour appuyer les structures sanitaires à faire face aux maladies dont le paludisme. « Le Pnlp travaille pour nous, car nous représentons les populations. Et toute structure qui s’engage pour la santé des populations le fait à nos côtés », a laissé entendre le vice-président de l’Ams.

Impact de la prévention : La zone nord du pays en pré élimination du paludisme  
Les efforts engagés par le Sénégal dans la lutte contre le paludisme depuis le début des années 2000 sont en train de produire des résultats. Sur la période 2014-2016, la morbidité proportionnelle palustre est passée de 3,59 % à 3,29 % et la mortalité proportionnelle palustre de 3,29 à 2,11 %. Même la zone nord du Sénégal est en pré élimination du paludisme.