Prudence, maman de 4 enfants – Tchad

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« La championne de la planification familiale »

« Ici en Afrique la femme est faite pour faire des enfants, c’est la mentalité de beaucoup des hommes », dit-elle. Nous sommes à l’Association Tchadienne pour le Bien-être Familial (ASTBEF), un centre de planification familiale à N’Djamena, capitale du Tchad. Prudence, déjà mère de trois enfants, en attend un quatrième et tout comme les précédentes, sa grossesse de 8 mois est très surveillée par des professionnelles de santé qu’elle appelle « mamans ».

Aujourd’hui, c’est jour de consultation et la salle d’attente de l’ASTBEF est bondée. Prudence porte une robe gaie et patiente parmi les autres femmes. Quand viendra son tour, elle connaîtra la position du fœtus et saura, par exemple, s’il respire bien. Elle devrait accoucher d’ici peu.

Prudence_2Ces visites chez le médecin permettent de faire le dépistage du VIH, donnent accès à de l’information sur l’allaitement, sur les méthodes de contraception et apportent une aide aux couples dans la prise de décision sur le nombre d’enfants et le meilleur moment pour les avoir. Prudence s’est mariée à 18 ans, mais elle n’a eu son premier enfant, une petite fille, que deux ans plus tard. Elle a attendu deux ans et six mois avant de tomber à nouveau enceinte, et elle a respecté un délai identique pour sa troisième grossesse.

Elle a été suivie médicalement lors de chacune de ses grossesses  et les accouchements se sont bien passés. Aujourd’hui, Prudence est reconnue comme étant « La championne de la planification familiale ».

« La santé de la famille est primordiale », dit-elle. « Je veux que mon mari soit rassuré et que nous ne tombions pas malades. Que nos enfants grandissent en bonne santé pour aller à l’école et faire les activités qu’ils souhaitent ».

Son mari la soutient et il aide même Prudence à diffuser auprès de la communauté des informations sur la planification familiale et ses  avantages.  Mais cela n’a pas toujours été le cas. Au début, il a mal réagi. Il pensait que Prudence ne voulait pas avoir d’enfants. Il n’aimait pas non plus qu’elle lui désobéisse puisqu’il avait payé une dote importante pour elle. « J’ai souffert au début, mais mon mari a fini par comprendre », se rappelle Prudence.

Les autres membres de la famille et les voisins ont également accepté le choix de Prudence concernant la planification familiale, lorsqu’ils ont commencé à se rendre compte que le couple avait des enfants en bonne santé et une vie meilleure malgré leurs modestes revenus.

«Maman» - Agent de santé à l’ASTBEF

«Maman» – Agent de santé à l’ASTBEF

« Les autres femmes me suivent. Même celles qui sont analphabètes veulent entendre ce que j’ai à dire ». De temps en temps, Prudence organise des réunions chez elle, dans une banlieue à 15 km de N’Djamena. La « championne de la planification familiale » est devenue un modèle à suivre et une conseillère pour les autres femmes.

À la veille de donner à nouveau la vie, Prudence aimerait que cet enfant soit le dernier.  « Ensuite, je demanderais à mes « mamans » de l’aide pour arrêter les grossesses ».