28 février 2017 Juliette

Santé, la grande plaie de l’Afrique

Fuite des cerveaux, déficit en infrastructures, les maux du secteur

Des ONG africaines se mobilisent

Des actions au cœur des débats du 4e round Afrisanté de Marrakech

S’il y a un secteur qui a besoin d’intervention urgente en Afrique, c’est bien la santé. Le continent manque d’une vision horizontale des systèmes de santé africains capable de soutenir les politiques et les efforts des décideurs africains dans ce domaine si vulnérable pour le développement de ses populations. Et c’est ce à quoi souhaite répondre la 4e édition du forum «Afrisanté» (FAS 2017) qui aura lieu à Marrakech du 1er au 2 mars.

Quel établissement de soin pour notre environnement africain? Quelles normes africaines peut-on construire ensemble pour développer des structures de soins adaptées à nos besoins et à nos moyens? Comment peut-on ensemble affronter le déficit en ressources humaines nécessaires à nos établissements de soins? Le continent africain compte aujourd’hui environ 24% des personnes malades sur le plan mondial, mais seulement 3% de l’effectif mondial des professionnels de la santé.

Ainsi, on enregistre déjà un manque de 7,2 millions de professionnels de la santé au niveau mondial, ce chiffre atteindra 12,9 millions d’ici 2035. En termes de formation, l’Afrique est au rang des très mal-lotis. Les 47 pays d’Afrique subsaharienne comptent à peine 168 facultés de médecine et, parmi ces pays, 11 ne disposent d’aucune faculté de médecine et 24 n’en ont qu’une seule. Au cours des 5 dernières années, les écoles de médecine africaines ont perdu de 10 à 18% de leur corps enseignant. Les résultats à la fin de ce parcours du combattant sont bien connus.
La fuite des cerveaux qui touche particulièrement les professionnels de la santé africaine et qui fuient les conditions de travail exécrables dans la plupart des pays africains. Et c’est justement ce constat alarmant que l’ONG Yenda aimerait débattre lors de cette 4e édition Afrisanté.

«Il s’agit non seulement de faire le diagnostic mais surtout d’envisager avec les décideurs présents les pistes pratiques à développer pour pallier ce grand déficit en ressources humaines dans les différents domaines de la santé en Afrique», insiste Pr. Mohamed Khaled Choulli, président de l’ONG. Cette problématique étant le déterminant essentiel à l’amélioration des systèmes de santé africains.
Organisée par i-conférences et placée sous l’égide du ministère de la Santé, Afrisanté se veut une plateforme B2B, de débats et d’échanges entre gouvernements, professionnels du secteur, organismes de financement et experts internationaux. L’occasion aussi pour les ministères de la Santé de ces pays africains de présenter leurs programmes d’investissement dans les établissements hospitaliers, mais aussi pour des ONG de présenter leurs expertises.