7 mars 2017 Juliette

Santé : #SheDecides 181 millions d’euros promis à Bruxelles pour les droits reproductifs des femmes

La conférence #SheDecides lançait la mobilisation internationale pour les droits reproductifs des femmes dans le monde. Présente à Bruxelles, mais sans s’engager financièrement pour She Decides, la France organisera son propre événement le 8 mars à Paris.

Une vingtaine de délégations ministérielles, et des représentant.e.s de quarante-cinq pays au total, se sont réunis jeudi 2 mars à Bruxelles à l’occasion de la Conférence internationale “She Decides”, pour affirmer leur soutien aux droits reproductifs dans le monde. Côté porte-monnaie, l’événement a permis de récolter les promesses d’une dizaine d’Etats et de bailleurs privés, pour une contribution totale de 181 millions d’euros au fonds She Decides.

« Cela envoie au monde le message très puissant que le droit fondamental qu’ont les femmes et les filles de décider de ce qui les concerne doit être respecté. Nous n’accepterons rien de moins et nous continuerons le combat pour faire de ce droit une réalité partout dans le monde », commentait à l’issue de la conférence la ministre néerlandaise de la Coopération et du Développement, Lilianne Ploumen.

“Un début prometteur pour le mouvement global en faveur des droits des femmes”

C’est Lilianne Ploumen qui, le 24 janvier, avait lancé l’initiative de financement She Decides (« Elle décide ») pour les ONG affectées par la politique de Donald Trump. Dès le lendemain de sa prise de fonction, en effet, le président américain signait la Global Gag Rule, coupant les financements aux organisations actives dans le domaine du planning familial dans les pays en développement, qui risquent d’être privées de 600 millions de dollars par an.

Voir : “Elle décide” : en réponse à Trump, un fonds international pour les droits reproductifs

Cette conférence She Decides, co-organisée entre la Belgique, la Hollande, le Danemark et la Suède, avait pour but de formaliser les soutiens à cette initiative. Pour le vice-Premier ministre belge et ministre de la Coopération au développement, Alexander de Croo, elle s’est révélée « un début prometteur pour le mouvement global en faveur des droits des femmes que She Decides entend incarner ».

La France compte sur ses propres canaux

Présente à Bruxelles par l’intermédiaire de la ministre des Droits des femmes Laurence Rossignol, la France s’est affirmée parmi ces soutiens, mais ne participe pas directement au fonds. Sa démarche est parallèle. La ministre a indiqué qu’en 2017 la France accorderait 21 millions d’euros, dans le cadre de l’Aide au développement, à la santé sexuelle, maternelle et infantile.

Paris a notamment renouvelé son engagement dans le « Fonds Muskoka », à travers un engagement de 10 millions d’euros en 2017 pour 8 pays d’Afrique ciblés (Bénin, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Niger, Sénégal, Tchad et Togo). Ces fonds, précise le gouvernement, permettront l’achat et la distribution de méthodes contraceptives de longue durée, la formation de personnels de santé en matière de santé sexuelle et reproductive et le financement d’un programme de lutte contre le mariage des enfants.

Le 8 mars, un “Serment de Paris”

Mais cette annonce française n’est pas vraiment une réponse à Donald Trump, puisque le prolongement du fonds français Muskoka, crée initialement pour la période 2010-2015 avec pour objectif de réduire la mortalité maternelle, néonatale et infantile, était prévu de longue date. En 2015, la France avait versé 19 millions d’euros au Fonds Muskoka.

La France prévoit également de lancer un message de dimension internationale, à l’occasion du 8 mars, « pour un droit universel à la santé sexuelle et reproductive » et pour affirmer la nécessité de lutter contre les violences faites aux femmes. Ce “Serment de Paris” sera porté par le ministère des Affaires étrangères et celui des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, en présence de féministes de tous les continents.