6 janvier 2016 nexizeteam

Vers une couverture santé universelle en Afrique

Vers une couverture santé universelle en Afrique : une priorité pour le Dr Matshidiso Moeti

Si la santé est largement considérée comme un droit humain fondamental, la triste vérité est que trop de personnes dans le monde n’ont toujours pas accès à des soins de santé de base. Faute d’accès ou de moyens suffisants, des millions d’Africains sont notamment privés des services dont ils ont besoin pour survivre et s’épanouir, car leurs coûts les exposeraient à de graves difficultés financières.

La solution est claire : la couverture santé universelle.

En Afrique, cet objectif a trop longtemps été perçu comme un rêve inaccessible. Heureusement, les choses sont en train de changer. Cette année, la communauté internationale a officiellement inscrit la couverture santé universelle dans les nouveaux objectifs de développement durable, qui orienteront les efforts en matière de développement jusqu’en 2030. Plus d’une centaine de pays à revenu faible et intermédiaire, qui concentrent les trois quarts de la population mondiale, ont pris des mesures pour la mettre en œuvre. Outre les experts de la santé, ces efforts ont reçu le soutien de plus de 300 économistes, qui ont récemment adopté une  plaidant pour une couverture santé universelle comme moyen de lutter contre l’extrême pauvreté et de favoriser la croissance.

Alors que sera célébrée cette semaine la deuxième , il semble que ce mouvement en faveur de la santé pour tous ait d’ores et déjà atteint sa masse critique. La communauté internationale reconnaît clairement que la couverture santé universelle est un objectif légitime, sensé et souhaitable depuis longtemps. Si les engagements collectifs pris dans ce sens s’annoncent prometteurs et doivent être salués, il est temps de réfléchir sérieusement aux mesures à mettre en place pour y parvenir. Un exemple du pire des scénarios nous a récemment été donné en Afrique, où l’épidémie d’Ebola a mis à rude épreuve des systèmes de santé faibles ou défaillants. Même en l’absence de crise sanitaire majeure, beaucoup de pays africains ont des difficultés à fournir des soins de santé de qualité et abordables. L’Afrique subsaharienne accuse un grand retard sur le reste du monde pour la couverture de certains services de santé de base, comme la planification familiale, la vaccination et l’amélioration de l’assainissement. La région, qui ne compte que 3 % des médecins de la planète, représente près de 25 % de la charge de morbidité mondiale. À l’échelle du continent, beaucoup trop de familles doivent, en outre, s’endetter ou vendre leurs biens pour pouvoir se soigner. Les Etats parvenus au statut de pays à revenu intermédiaire sont, quant à eux, confrontés à d’autres défis. Nombre d’entre eux ne bénéficient plus des tarifs préférentiels pour les vaccins ou les médicaments essentiels auxquels ils avaient droit en tant que nations à faible revenu. Ils doivent, par conséquent, trouver des solutions pour répercuter la hausse des coûts sur la collectivité plutôt que sur les individus, en augmentant les montants consacrés aux services de santé et aux médicaments.

Pour faire face aux défis que rencontre la région, nous pouvons nous inspirer de l‘exemple du Rwanda, du Ghana et de l’Éthiopie qui figurent parmi les premiers pays africains à avoir mis en œuvre des réformes en faveur de la couverture santé universelle : création de systèmes de santé solides, efficaces, bien gérés et qui mettent l’accent sur les soins de santé primaires au niveau communautaire ; mise en place de financements durables pour les services de santé ; élargissement de l’accès aux médicaments essentiels et aux technologies ; amélioration de la gouvernance et de la gestion des services de santé ; maintien d’un nombre suffisant d’agents de santé bien formés et motivés.

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