PORTRAITS

Yvonne Divemba – Gabon

Cela fait 18 ans que j’exerce en tant que sage-femme. Actuellement, je suis affectée au Centre hospitalier universitaire de Libreville qui compte 102 sages-femmes et environ 30 accouchements par jour.

 

J’ai commencé des études en droit que je n’ai pas pu poursuivre à cause du désordre à la faculté et de la petite maltraitance. Du coup j’ai décidé de devenir sage-femme.

Cela m’a plu d’assister et d’accompagner les femmes et faire naitre les bébés. Je dirais que la vocation est née à ce moment-là.

Aujourd’hui, au Gabon, nous rencontrons une vraie pénurie d’étudiantes sages-femmes. Je me souviens, lors de la promotion 97, nous étions près d’une centaine. Alors qu’aujourd’hui, nous sommes dans une période de flottement avec moins de 20 sages-femmes sorties il y a 2 ans et 44 cette année.

J’aimerais m’investir davantage dans l’accompagnement des stagiaires et jeunes sages-femmes et même des anciennes dans le recyclage. Je fais partie de l’association des sages-femmes au Gabon et nous faisons du plaidoyer pour le système de formation. Il y a un vrai problème de de plan de carrière qui n’a pas évolué depuis des années et nous souhaitons la mise en place de l’ordre des sages-femmes.

Pour combattre efficacement la mortalité, on doit acquérir de nouvelles compétences, on ne doit cesser de s’informer, se former et se recycler.

Malheureusement, les jeunes sages-femmes qui sortent des écoles actuellement n’ont pas le même niveau de compétences que nous .Est-ce un manque du au désintéressement ou au niveau de la formation ?

Mon message aux sages-femmes serait qu’elles s’accaparent de la profession pour qu’il y ait un changement. Elles doivent s’investir dans des associations pour faire du plaidoyer et ne pas rester dans seule dans leur coin. Le plaidoyer a besoin d’union et de cohésion.

A l’encontre des décideurs, je dirais qu’ils continuent à nous accompagner. Qu’Ils entendent davantage nos cris et nos revendications et qu’ils y répondent par des actes concrets.

 

Propos recueillis par Nathalie Lam lors du congrès des sages-femmes à Ouagadougou le 22 novembre 2016, congrès organisé dans le cadre du 14è congrès de la SAGO (du 21 au 24 novembre 2016).

Crédit photos : ©Sophie Garcia / UNICEF