Fonds mondial de la santé – La contribution ivoirienne attendue

20 décembre 2018
Posted in Afrique, Santé
20 décembre 2018 Juliette
Pôle Afrique Info

Du 18 au 19 décembre 2018, le Directeur exécutif du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, Peter Sands, et l’Ambassadrice française pour la santé mondiale, Stéphanie Seydoux ont effectué une visite conjointe en Côte d’Ivoire. Présents à la Résidence de France à Cocody-Abidjan, l’heure était au constat et aux engagements futurs. Des deux côtés. 

Les maux sanitaires qui rongent la Côte d’Ivoire, dont il était question ces deux journées, étaient au nombre de quatre. La pandémie du VIH, le paludisme, la tuberculose et la mortalité infantile et maternelle. Pour témoigner de l’importance que revêtait cette rencontre bilatérale, rien ne vaut les chiffres. Selon le « Plan national de développement sanitaire 2016-2020 » publié par le ministère de la Santé, 645 000 femmes meurent en accouchant en 2015. La mortalité infantile, en 2012, est de 108 enfants pour 1 000 naissances. 1,3% des 15-24 ans sont atteints du VIH, dont 2,2% de filles. C’est un des taux les plus élevés en l’Afrique de l’Ouest. Selon l’ONUSIDA, en 2017, environ 500 000 ivoiriens porteraient ce virus. Les raisons désignées par ces différents acteurs sont, systématiquement les mêmes. Faible application des normes, insuffisances techniques et capacitaires, carence de signalements et dépistages, ainsi qu’une faible prévention sont en cause.

À tout cela, la réponse se fait à deux échelles. L’objet de la visite de Stéphanie Seydoux et Peter Sands témoigne de la solution globale, donc mondiale, apportée. « Nous sommes venus pour constater comment en Côte d’Ivoire nous pouvons lutter efficacement ensemble contre le VIH sida, la tuberculose et le paludisme. S’agissant de la France, nous sommes un des principaux partenaires de la Côte d’Ivoire sur les questions de santé, et notre souci est d’accompagner au mieux le gouvernement de Côte d’Ivoire sur l’ensemble de ses programmes de santé : la lutte contre les trois pandémies dont je viens de parler, mais aussi, plus largement, le renforcement des systèmes de santé de manière à bien pouvoir améliorer les indicateurs sur la mortalité maternelle et la mortalité infantile », indique l’Ambassadrice française pour la santé mondiale. Elle estime que « La France et le Fonds mondial aident la Côte d’Ivoire dans une très large proportion avec d’autres partenaires, comme les États-Unis par exemple. Ce qui manque aujourd’hui, c’est les contreparties financières nationales de la part du gouvernement ivoirien. Elles ne sont pas encore tout à fait au niveau de ce qui était prévu. Nous avons reçu aujourd’hui les assurances que cet engagement financier de la part de la Côte d’Ivoire sera bien tenu. Concrètement, la Côte d’Ivoire va prendre à sa charge, à partir de sa croissance, la santé de ses citoyens, tandis que les donateurs vont continuer à appuyer la Côte d’Ivoire dans ses efforts. Ce qu’il faut maintenant, c’est qu’il y ait des progrès rapides, sur un certains nombre de points très concrets ».

Un constat et des ambitions que partage le ministre de la Santé et de l’hygiène publique de Côte d’Ivoire, Aouélé Eugène Aka, présent à cette soirée à la résidence de France. « Malheureusement la Côte d’Ivoire connait un très mauvais indicateur au niveau de la mortalité maternelle néonatale et infantile. Ce que nous avons convenu, c’est un co-financement. La Côte d’Ivoire ne quémande pas ! Elle fait d’abord l’effort qu’il faut de son côté. La Côte d’Ivoire apporte la contrepartie, quand la France et le fonds mondial pour la santé apportent quelque chose, il est exigé de la Côte d’Ivoire de donner sa contribution. Je voudrais vous rappeler qu’aujourd’hui c’est plus de 800 milliards Fcfa qui seront investis d’ici 2020 et 2021 pour la réhabilitation des établissements sanitaires, pour la construction de nouveaux établissements et pour l’équipement de ces derniers ».

En effet, les financements proviennent des deux côtés. 773 millions $ sont reversés par le Fonds mondial. 269 millions $ pour le VIH-Sida, 57 millions $ pour la tuberculose et 447 millions $ pour la malaria, selon la page internet de l’organisme. Du côté de l’État ivoirien, des investissements colossaux sont effectués. Entre 2016 et 2020,  pas moins de 540 millions Fcfa qui seront destinés à la construction, la réhabilitation, l’équipement et au matériel. Ce qui représente 22,6% du budget consacré. 23% de ce dernier est destiné à la lutte contre la maladie.

En tout, le budget santé de l’État s’élève à 2 391 678 907 329 Fcfa sur les quatre années de la période. Pour être plus clair, quasiment, 4,2 milliards $.

Lire l’article complet

Content | Menu | Access panel