Conakry, Guinée.

« Fanta est handicapée depuis son tout jeune âge suite à un accident. Lassée des moqueries de ses camarades à l’école elle a fini par arrêter les études. »

 

Fanta, 18 ans, coud un napperon dans le salon de la maison familiale. 

« A l’âge de 5 ans, j’ai été percutée par une voiture en traversant la route. J’accompagnais une amie au marché je me souviens. A l’hôpital, le docteur a dit que la plaie s’était développée, et qu’il fallait m’amputer sinon je risquais de mourir.

Le lendemain je me suis réveillée avec une seule jambe. Je demandais tout le temps à ma grand-mère quand est-ce que l’on allait me remettre mon pied. Moi je ne comprenais pas ce qui se passait, je n’avais que 5 ans, j’étais une enfant. Je pensais que les jambes c’était comme les dents, que ça repoussait.

A l’âge de 10 ans, les amis se moquaient de moi parce que je n’avais qu’un pied. Je rentrais tous les jours en pleurs à la maison. A cause de cette stigmatisation insupportable j’ai fini par arrêter l’école à l’âge de 11 ans. Aujourd’hui, quand je vois ceux qui ont fini l’école, comment ils parlent bien français, je le regrette. »

 

Par Vincent Tremeau

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