Les médicaments contrefaits à l’origine de 100 000 décès par an, en Afrique

14 mai 2018
Posted in Afrique, Santé
14 mai 2018 Juliette
Fratmat.info

 

« En Afrique, selon l’Organisation mondiale de la santé (Oms), près de 100 000 décès par an sont liés au commerce de médicaments contrefaits ».

Ce chiffre inquiétant a été communiqué le 8 mai, par le commissaire Touré Benjamin Nambala, directeur des services de santé de la police nationale, président du Conseil de santé de Côte d’Ivoire et président du Comité national de lutte contre le trafic illicite et la contrefaçon des médicaments (Cotramed).

C’était au cours d’une conférence organisée, à son siège aux 2 Plateaux, par la Commission nationale des droits de l’homme (Cndhci). Le commissaire Touré, conférencier du jour, se prononçait sur le thème : « La lutte contre les médicaments frauduleux ou contrefaits : enjeux et perspectives ».

Selon lui, pour plus d’efficacité dans la lutte contre ce commerce mafieux, les Etats africains doivent aller au-delà des beaux discours, des incinérations médiatiques de quelques kilogrammes de médicaments illicites saisis chez quelques petits commerçants et combattre courageusement le mal.

« Les contrôles douaniers doivent être plus sévères (couper les sources d’approvisionnement), la législation pharmaceutique en vigueur doit être appliquée à la lettre, il faut couvrir toutes les régions du pays en pharmacies et en dépôts légaux, il faut mettre en place ou renforcer les subventions publiques des couvertures médicales », a-t-il proposé.

Ajoutant qu’il faut également renforcer la politique des médicaments génériques, mieux organiser et renforcer les moyens de la plateforme de lutte. Au dire du président du Cotramed, à ce jour, la  stratégie nationale de lutte contre les médicaments de la rue s’articule en deux points essentiels. A savoir, un volet prévention (dont la sensibilisation) et un volet répression.

Il a, en outre, souligné que cette lutte comporte plusieurs enjeux. Notamment des enjeux sanitaires, sociaux, économiques, juridiques, politiques et éducatifs. Il a, par ailleurs, indiqué que le   circuit légal du médicament suit un processus à trois niveaux de transactions. D’abord entre industriel et grossiste, ensuite entre grossiste et officine et enfin, entre officine et clients. « Toute commercialisation pharmaceutique sortant de ce cadre relève d’un circuit illicite », a-t-il affirmé.

Le conférencier a aussi fait savoir que les médicaments illicites utilisés en Côte d’Ivoire proviennent de deux origines. Une origine interne : « Ce sont les médicaments issus de la contrefaçon et de la malfaçon ». Et une origine externe qui pratique plus la contrefaçon. « La contrefaçon est entretenue par de puissantes mafias basées dans certains pays africains (N et G), et autres (C, T et I) qui approvisionnent l’Afrique tout entière en faux médicaments », a-t-il poursuivi.

Mme Namizata Sangaré, présidente de la Cndhci, a pris part à cette rencontre d’échanges. Divers acteurs et autres organisations de défense des droits de l’homme également.

CASIMIR DJEZOU

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