Abidjan, Côte d’Ivoire.

« Patrick vit normalement comme tous ses amis, à un secret près : il est porteur du VIH depuis sa naissance. »

 

Patrick (le nom a été changé), 17 ans, vient au centre de santé de son quartier pour récupérer son traitement. 

« Cela fait deux ans maintenant que mon père est décédé. Ce n’est qu’à sa mort qu’on a appris qu’il avait le virus du sida. C’est comme ça que j’ai appris que c’était probablement lui qui me l’avait transmis à ma naissance. A moins que ce soit Dieu, personne ne peut dire.

Ma mère m’a alors avoué qu’elle était aussi positive afin que je ne me sente pas seul dans cette épreuve. Elle est la seule à connaître ma condition dans la famille.

Je n’ai jamais parlé de ma maladie à personne. Pas même mon meilleur ami, car je ne sais pas ce qu’il a au fond de son coeur. J’aimerais lui dire, partager ce secret pesant, mais j’ai peur de sa réaction et qu’il me fuit.

Je préfère ainsi garder ma maladie secrète, car lorsque les gens apprennent une telle nouvelle, ils finissent par te fuir. Tant que je ne blesse personne, je ne fais pas de mal.

Un jour je deviendrai gendarme. J’ai toujours voulu faire ça depuis que je suis tout petit. Cela m’apportera le respect des autres, et plus personne ne me négligera. »

Par Vincent Tremeau

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