Santé sexuelle et reproductive : lancement du mouvement « She decides » en RDC

5 décembre 2018
Posted in Afrique, Santé
5 décembre 2018 Juliette
DigitalCongo

Le leitmotiv de ce mouvement politique mondial est de créer un « monde où chaque fille comme chaque femme peut décider de ce qu’il advient de son corps, de sa vie, de son avenir sans en répondre » en ce qui concerne ses droits aux soins de santé sexuelle et reproductive.

Le vendredi 30 novembre 2018 restera à jamais gravé dans les annales de l’engagement de la femme à l’auto-détermination en République démocratique du Congo. L’histoire retiendra que c’est dans les locaux de l’Institut national pilote d’enseignement des sciences de santé (INPESS, ex-IEMK) qu’il a été lancé le mouvement mondial She decides (Elles décident, en anglais) en RDC. Ce, en présence de la ministre provinciale chargée des questions de Genre, Thérèse Olengha, entourée des représentants du gouvernement central et des organisations internationales qui soutiennent cette initiative. Parmi lesquelles, l’Ong internationale Ipas, OnuFemme, UNFPA, ABEF ou encore DKT.

Un motif de satisfaction pour Lorence Kabasele du réseau Afriyan-RDC, porte-étendard du mouvement She decides en RDC.

« C’est avec honneur que nous lançons ce mouvement mondial soutenu par les parlementaires, les jeunes, les ministres, les célébrités et les leaders de monde entier. Tous, nous devons faire en sorte que chaque fille ou femme puisse décider de sa vie. Avec She decides, nous pouvons atteindre les dividendes démographiques et les objectifs de développement durable. Chaque seconde compte pour les femmes », a-t-elle déclaré.

La ministre Thérèse Olengha a salué cette initiative de plus qui va faire prévaloir les droits des femmes et a encouragé ceux qui la conduisent.

Le ministère national du Genre, Enfant et Famille a aussi promis d’offrir « un cadre d’échange convivial entre les adolescentes et décideurs à tous les niveaux en vue de mener un plaidoyer auprès de ces derniers pour l’amélioration des conditions des jeunes filles face aux différents problème liés à leur santé sexuelle et reproductrice. »

Dr. Jean-Claude Mulunda, chargé de projet à l’Ong Ipas qui œuvre à élargir l’accès à la santé reproductive et aux avortements sécurisés en RDC, a indiqué qu’aucune femme ne devrait mourir suite à un avortement à risque. Surtout quand le Protocole de Maputo domestiqué par la RDC et actuellement en pleine vulgarisation et mise en œuvre, lui permet de décider sur ses droits à l’avortement conformément à l’article 14, alinéa 2, point C.

« Je félicite les jeunes pour leur engagement. A Ipas, nous sommes engagés à vous accompagner pour que la campagne continue et fasse des échos. L’accès aux soins de santé sexuelle et reproductive n’est pas un cadeau donné aux femmes, mais plutôt un droit », a-t-il ajouté.

Lancé en 2017 par Lilianne Ploumen, ministre du Commerce extérieur et de la Coopération au développement des Pays-Bas, She decides est un mouvement politique mondial mis en place pour accroître le soutien financier et politique en faveur de la santé sexuelle et reproductive des filles et femmes. Son leitmotiv  est de créer un « monde où chaque fille comme chaque femme peut décider de ce qu’il advient de son corps, de sa vie, de son avenir. Sans en répondre ».

La RDC est le premier pays francophone qui bénéfice de cette initiative. Un pays où, selon les statistiques EDS-RDC 2013, au moins 65% des filles ont leur premier rapport sexuel avant l’âge de 18 ans. Au moins 27% de toutes les grossesses proviennent d’adolescentes âgées de 15 à 19 ans qui ont déjà eu une naissance vivante (EDS-RDC-2013).

Ces grossesses non désirées surviennent, selon cette étude, parce que les adolescentes ne savent pas comment les éviter et très souvent, elles entraînent des avortements clandestins dans des conditions à haut risque et par des personnes non qualifiées.

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