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UNICEF Bénin : les artistes disent NON au mariage des enfants

COMMUNIQUE DE PRESSE UNICEF

L’Ambassadrice internationale de l’UNICEF, Angélique Kidjo et l’Ambassadrice nationale de l’UNICEF Bénin, Zeynab Abib, accompagnées par sept des plus grands artistes du Bénin se sont engagées dans la Campagne nationale Tolérance Zéro au mariage des enfants en composant une chanson appelant la population à dire NON au mariage des enfants.

COTONOU, le 18 Juillet 2017. « Une petite fille reste encore un enfant. Elle ne peut être une mère ou une épouse. Laissons-la grandir pour qu’elle vive une vie épanouie. Disons NON au mariage des enfants ! », chantent en choeur les Ambassadrices de bonne volonté de l’UNICEF, Angélique Kidjo et Zeynab Abib, accompagnées de Danialou Sagbohan, Kalamoulaï, Don Métok, Sessimè, Dibi Dobo, Norberka et Olga Vigouroux.

Regardez le vidéo-clip DISONS NON AU MARIAGE DES ENFANTS

Dans le cadre de la Campagne Tolérance Zéro au mariage des enfants lancée par le Gouvernement du Bénin le 16 Juin dernier à l’occasion de la Journée de l’Enfant Africain (JEA), les neuf artistes se sont engagés dans ce mouvement social sans précédent en brisant le silence et en mobilisant la population par la production d’une chanson et d’un vidéo-clip à la fois bouleversant et plein d’espoir.
« Le mariage des enfants est une négation de leur droit à grandir en toute liberté. Chaque enfant a le droit à une enfance. J’appelle les parents à ne pas marier leurs filles car elles sont notre richesse et le futur de notre continent », exhorte Angélique Kidjo qui a co-produit la chanson avec Zeynab Abib.
Les artistes chantent dans une diversité de langues notamment le Fon, le Mina, le Mahi, le Sahouè, le Yoruba, le Goun, le Bariba et le Français afin que toute la population béninoise et des pays frontaliers puissent être sensibles aux messages délivrés.
« Les conséquences pour ces filles sont terribles. Une fois mariées les filles ne sont plus scolarisées, elles sont violées, elles tombent enceintes encourant des risques pour leur santé et celle du bébé pendant leur grossesse. C’est contre toutes ces injustices, que nous, artistes nous disons NON ! Les filles ne sont la propriété de personne, elles ont le droit de choisir leur destinée », martèle la star de la chanson béninoise Zeynab Abib qui a su rassembler les plus grands artistes du Bénin autour de cette cause.
Dans la plupart des sociétés africaines, le mariage s’étend au-delà du couple et scelle l’union de deux familles. Ce faisant certains parents ou tuteurs forcent leurs enfants à se marier avant qu’ils ne soient physiquement et psychologiquement matures. La pauvreté, le faible niveau d’éducation, la perpétuation de traditions et de croyances ainsi que l’existence généralisée d’une culture de l’impunité sont autant de causes de la persistance de ce phénomène.
Parmi les 700 millions de femmes victimes de mariage forcé dans le monde, plus d’une sur trois, soit 250 millions, l’a été alors qu’elle n’avait pas 15 ans. En Afrique de l’Ouest et du Centre, deux filles sur cinq (41%) se marient avant l’âge de 18 ans. Au Bénin, une fille sur 10 est mariée avant l’âge de 15 ans et trois filles sur 10 le sont avant l’âge de 18 ans.
« Nous avons besoin de toutes les forces et de toutes les armes pour lutter contre le fléau du mariage des enfants. L’art, en particulier la musique est une arme puissante. Comme disait Nelson Mandela ‘la politique peut être renforcée par la musique, mais la musique a une puissance qui défie la politique’. Vous devez utiliser cette puissance », exhorte pour sa part le Représentant de l’UNICEF au Bénin, Dr Claudes Kamenga.
Les autorités nationales, par la voix de la Ministre de l’Economie Numérique et de la Communication et de la Ministre du Travail, de la Fonction Publique et des Affaires Sociales ont salué l’engagement des artistes et appelé les médias à diffuser ce vidéo-clip massivement.
La Campagne Tolérance Zéro au mariage des enfants s’inscrit dans la droite ligne de l’initiative de l’Union Africaine (UA) qui exhorte les pays du continent à mettre fin à cette pratique. Ces activités sont mises en oeuvre grâce au soutien financier du Royaume de Belgique et du Royaume des Pays-Bas.

Regardez le vidéo-clip DISONS NON AU MARIAGE DES ENFANTS
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Regardez le vidéo-clip sous-titré en Anglais SAY NO TO CHILD MARRIAGE
Regardez le vidéo-clip sous-titré en Français DISONS NON AU MARIAGE DES ENFANTS
Regardez le reportage 9 artistes, une chanson, un message, NON au mariage des enfants
Ecoutez l’audio DISONS NON AU MARIAGE DES ENFANTS
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Une réponse africaine à la résistance antibiotique

SCI DEV NET

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la résistance aux antibiotiques constitue l’une des plus graves menaces sur la santé mondiale, la sécurité alimentaire et le développement.

En exploitant les propriétés médicinales des plantes locales, le biologiste marocain Adnane Remmal a développé un moyen de « stimuler » l’efficacité des antibiotiques utilisés pour traiter les infections bactériennes. Son invention pourrait aider à freiner la surexploitation des antibiotiques qui conduit à une résistance aux antimicrobiens et à freiner la propagation de « superbactéries » multirésistantes (MDR).
Son invention lui a valu le Prix de l’Inventeur européen de l’année, qui lui a été remis le 15 juin dernier à Venise.
Ce prix, décerné chaque année par l’Office Européen des Brevets, vise à récompenser les inventeurs d’Europe et du monde entier qui ont apporté des contributions exceptionnelles au développement social, au progrès technologique et à la croissance économique.
Dans cet entretien, Adnane Remmal évoque la portée de son invention et son intérêt pour la science.

Professeur Adnane Remmal, d’où vous est venue cette passion pour les huiles essentielles et comment avez-vous conclu qu’il pourrait y avoir une corrélation entre huiles essentielles et résistance bactérienne ?

Depuis mon jeune âge, j’ai toujours observé les animaux et les végétaux et je me suis toujours dit qu’il y avait sûrement des choses utiles pour la santé humaine. Les huiles essentielles sont synthétisées par des plantes aromatiques. Certaines plantes aromatiques produisent des huiles essentielles riches en molécules ayant une très forte activité antimicrobienne. C’est le cas du thym, de l’origan, du girofle et de plusieurs autres plantes. J’ai découvert que ces plantes ne sont pas infectées par les bactéries, les champignons, les virus ou les parasites pendant les saisons où elles sont riches en huiles essentielles. J’ai alors compris que les huiles essentielles sont des armes de défense des plantes contre les infections. J’ai aussi découvert que les germes qui infectent les plantes ne développent jamais de résistance contre ces armes. Quand des médecins m’ont sensibilisé à leurs problèmes avec la résistance des bactéries aux antibiotiques, j’ai donc décidé de chercher une alternative dans les huiles essentielles.

Qu’est-ce que votre découverte est susceptible de changer dans la lutte antibactérienne ?

Actuellement, la résistance aux antibiotiques tue 700 000 patients par an dans le monde, essentiellement parce que les antibiotiques existants sont de moins en moins efficaces. Le renforcement de l’efficacité des antibiotiques par des molécules naturelles provenant des huiles essentielles permet de donner aux antibiotiques une nouvelle efficacité sans risque de résistance.

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C’est aux femmes africaines de décider combien elles veulent d’enfants, quand et avec qui

Le Monde Afrique

Nicolas Meda, ministre burkinabé de la santé, est engagé dans le Partenariat de Ouagadougou, un programme ouest-africain de planification familiale lancé en 2011.

Nicolas Meda n’est pas étranger aux questions soulevées lors du sommet Family Planning 2020 de Londres, mardi 11 juillet. Médecin épidémiologiste depuis plus de vingt ans, spécialiste de la santé reproductive et de la transmission mère-enfant du virus du sida, il défend depuis longtemps le développement d’une meilleure contraception en Afrique.

Ministre de la santé du Burkina Faso depuis février 2017, il s’est fait le porte-parole du Partenariat de Ouagadougou à l’occasion du sommet. Devant un parterre de ministres du monde entier, de chefs d’entreprises, de fondations philanthropiques et d’acteurs de la société civile en faveur de la planification familiale, il a martelé que celle-ci était un droit inaliénable, qui devait s’apprendre dès l’école primaire.

Pour le Monde Afrique, il est revenu sur ce partenariat, sur la contraception et les droits des femmes en Afrique.

Qu’est-ce que le Partenariat de Ouagadougou ?

Nicolas Meda Ce sont neuf pays d’Afrique francophone, de l’Ouest et centrale : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Togo engagés depuis 2011 pour accélérer l’agenda de la planification familiale dans cette sous-région.

Pourquoi la planification familiale est-elle importante ?

D’abord parce que c’est un droit inaliénable. C’est aux femmes de décider combien elles veulent d’enfants, quand et avec qui. Ensuite, parce que s’occuper de la contraception des femmes permet d’accélérer la forte croissance économique qui résulte d’une baisse rapide des naissances.

Nous sommes des pays pauvres, avec 50 % de population dépendante, c’est-à-dire qui ne travaille pas parce qu’elle est trop jeune, n’a pas de compétences, pas de métier, pas d’éducation et qu’elle est incapable de produire pour elle-même ou pour les autres. La planification familiale permet de réduire la croissance démographique pour avoir une population moins dépendante, et de développer le pays.

Mais, pour développer la planification familiale, il faut de l’éducation. Sans éducation, la femme ne comprend pas les messages. Moins de 30 % de femmes vont à l’école ou sont éduquées. Ce manque d’éducation provoque une forte pauvreté féminine. C’est pourquoi il faut une éducation et une autonomisation des femmes.

Eduquée et autonome, la femme décide par elle-même et pour elle-même de s’engager dans une planification familiale. Nous travaillons aussi avec ce qu’on appelle l’Ecole des maris, pour faire comprendre aux hommes les intérêts de la planification, et les intégrer au processus.

Quel est l’intérêt de travailler à neuf pays ?

D’abord, c’est la noblesse de la cause. Si vous êtes seul, votre cause n’est pas primordiale, mais quand vous êtes neuf, c’est que tout le monde a conscience que c’est une priorité.

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L’IDEP organise un dialogue sur  » Genre et changements climatiques en Afrique « 

Médiaterre

Dans le cadre de la série de séminaires de l’Institut africain de développement économique et de planification (IDEP) sur le développement, une Table ronde de haut niveau sur «Genre et changements climatiques en Afrique », réunira des décideurs politiques, des fonctionnaires d’Etats Africains et d’organisations internationales, d’organisations féministes, ainsi que des experts du secteur privé et indépendants, des universitaires et autres chercheurs travaillant sur des questions relatives à la prise en compte du genre dans les politiques de développement durable du continent.

L’évènement se tiendra dans les locaux de l’Institut à Dakar (Sénégal), le 7 juillet 2017. La prise en compte de la dimension genre dans le changement climatique requiert la prise en charge des dimensions environnementale, sociale et économique. Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), les populations africaines sont confrontées à de multiples contraintes liées au climat et disposent de capacités de résilience faibles. Ainsi, pour faire face aux changements climatiques et améliorer les conditions de vie des femmes et des enfants d’ici 2020, des stratégies d’adaptation et d’atténuation devraient être trouvées.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les femmes, les enfants, les personnes âgées et les personnes vivant avec un handicap sont les plus affectés par les impacts du changement climatique. En effet, de par son rôle dans les réponses sociales face au changement climatique, comme après des désastres météorologiques, la femme, en plus d’être mère, assume les tâches ménagères.

Cet évènement, d’une haute importance pour le développement et la transformation structurelle de notre continent, contribuera à la réflexion sur les programmes d’adaptation et d’atténuation aux changements climatiques destinés aux femmes et aux jeunes pour une meilleure résilience économique et sociale en Afrique.

Communiqué de l’ONU

Fatimata Sy : « Notre objectif d’amener un million de femmes d’Afrique de l’Ouest à la contraception a été largement atteint »

Jeune Afrique

Mardi 11 juillet, dans la capitale britannique, se tiendra un sommet sur la planification familiale en Afrique. La Sénégalaise Fatimata Sy a 25 ans d’expérience dans le domaine du développement international et de la santé publique en Afrique. Elle décrypte pour nous les enjeux de cet événement.

Les intervenants du sommet de Londres sur la planification familiale, seront amenés à se pencher sur l’accès des plus pauvres et des plus jeunes aux contraceptifs sur le continent. Ils devront aussi explorer des modes de financement novateurs en la matière. Et alors que l’Afrique de l’Ouest francophone accomplit des progrès spectaculaires dans ce domaine, ses représentants vont plaider en faveur de nouveaux engagements.

Diplômée en santé publique de l’École de santé publique et de médecine de Tulane et de l’Institut de Technologie de Nancy (France), Fatimata Sy dirige le partenariat de Ouagadougou, qui réunit les neufs pays d’Afrique de l’ouest francophone réunis dans la capitale britannique la semaine prochaine.

Jeune Afrique : le sommet de la planification se tient le 11 juillet à Londres. Quels sont les enjeux de cette rencontre?

L’initiative Planification familiale 2020 (PF 2020), lancée en juillet 2012 au niveau mondial, a fixé un certain nombre d’objectifs, notamment celui de donner accès à la contraception à environ 110 millions de femmes et de filles sur la planète. En 2017, nous sommes à mi-parcours, et la communauté internationale a jugé utile de réunir divers acteurs pour mesurer les avancées réalisées et réexaminer les engagements pris par les pays en terme de planification familiale. Voire pour en rajouter, car nous voudrions d’ici 2020 intégrer 2 millions de femmes en plus dans nos objectifs.

Il s’agira également de voir comment les pays vont s’engager pour le financement des actions en faveur d’une telle planification. En plus des ministres de la Santé, leurs homologues en charge des Finances et des Plans ont été conviés, l’objectif étant d’avoir un dialogue cohérent et inclusif sur la thématique qui nous intéresse. Nous voulons tendre vers une autonomisation des financements, parce qu’aujourd’hui, la question de la planification familiale est lourdement tributaire de l’aide extérieure. Ce d’autant plus que la Planification familiale n’est pas seulement vue comme un élément fondamental pour réduire la mortalité maternelle et infantile : c’est un atout pour capter les dividendes démographiques.

Vous citez le Burkina comme un bon élève en matière de planification familiale. Pourquoi ?

Il y a eu un engagement politique au sommet de l’État. Le président du Faso a érigé la question de la planification familiale comme l’un des piliers nécessaires pour capter les dividendes démographiques. Je pense que cela a été un élément majeur.

D’autre part, au-delà du discours politique, le Burkina est l’un des pays qui a favorisé le financement endogène de la PF en créant une ligne budgétaire d’environ 500 millions de F CFA par an pour l’achat des contraceptifs.

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Le coût du diabète, bombe à retardement pour les systèmes de santé en Afrique

LaDépêche.fr

(AFP) – Les coûts liés au diabète en Afrique subsaharienne pourraient doubler d’ici à 2030 pour atteindre 52 milliards d’euros, du fait de l’explosion de cette maladie liée aux changements de mode de vie sur le continent, prévoit un rapport publié jeudi.

En 2015, le fardeau économique du diabète représentait 19,5 milliards de dollars (environ 17 milliards d’euros), soit 1,2% du produit intérieur brut de la région, selon ce rapport, publié par la revue médicale britannique The Lancet Diabetes & Endocrinology.

Ce montant inclut le coût des traitements et des hospitalisations – dont la moitié est assumée par les patients eux-mêmes – mais aussi la perte de productivité estimée du fait des décès prématurés et des arrêts de travail.

« Nous estimons que ce coût augmentera pour atteindre entre 35,33 milliards de dollars (1,1% du PIB) et 59,32 milliards de dollars (1,8% du PIB) d’ici à 2030 », soit 31,2 milliards à 52,4 milliards d’euros, prévoit le rapport, élaboré par plus de 70 experts.

Le diabète de type 2, qui apparaît avec l’âge et représente 90% des cas de diabète, est souvent lié au surpoids et favorisé par un mode de vie sédentaire. Le changement des habitudes alimentaires, l’urbanisation et l’augmentation de l’espérance de vie en Afrique ont entraîné une hausse spectaculaire du nombre de cas ces dernières années.

Entre 1980 et 2015, le nombre d’adultes considérés comme en surpoids est ainsi passé de 28 millions à 127 millions, dans les 48 pays étudiés.

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“L’Afrique doit agir maintenant pour protéger la santé de ses jeunes” OMS

Financial Afrik

Des partenariats et une collaboration plus forte sont essentiels pour garantir un meilleur accès à des soins de santé de qualité et à coûts abordables pour tous en Afrique. Ce fut l’un des messages clés qui s’est dégagé du premier Forum africain de la santé lancé aujourd’hui par l’Organisation mondiale de la Santé et le gouvernement rwandais à Kigali.

Dans son discours d’ouverture, Son Excellence Anastase Murekezi, le Premier ministre du Rwanda, a déclaré : «Être en bonne santé est la base de tout développement socioéconomique, et sans cela, rien n’est possible. Pour cette raison, les pays africains doivent travailler ensemble, en partageant des expériences qui traduiront en réalité la vision 2063 en ses aspects santé et bien-être. Je demande à nos pays africains de mettre en place des stratégies pour les aider à mettre en œuvre les résolutions de ce Forum»

Il a exhorté le secteur privé dynamique en Afrique à investir davantage dans le secteur de la santé et a appelé les autres parties prenantes à soutenir les efforts de l’Afrique en veillant à ce qu’il soit aligné sur les priorités.

Avec une population jeune en croissance, le besoin urgent d’actions concrètes pour s’attaquer à la question de la santé des jeunes et des adolescents sera au cœur des débats lors du forum qui durera deux jours.

L’Afrique est la seule région au monde où la population dans son ensemble devient plus jeune. En effet, les personnes âgées de moins de 18 ans représentent 50 % de la population dans 15 pays d’Afrique subsaharienne. Cependant, malgré la vitalité de la jeunesse, le VIH a affecté de manière disproportionnée les enfants et les adolescents africains. Depuis 30 ans que dure l’épidémie mondiale du VIH, environ 17 millions d’enfants ont perdu un ou leurs deux parents du fait du sida – 90 % de ces enfants vivent en Afrique subsaharienne.

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Pourquoi la démographie est un enjeu économique pour l’Afrique ?

Le Point Afrique
L’émergence de l’Afrique est à ce prix. Pour le démographe Jean-Pierre Guengant, le continent doit absolument maîtriser sa politique de natalité.
PAR JEAN-PIERRE GUENGANT*, POUR THE CONVERSATION.COM

La plupart des pays d’Afrique subsaharienne aspirent à devenir rapidement des pays émergents à croissance forte, inclusive et durable. Cependant, l’importance des investissements démographiques, en santé, éducation, logements, etc. qu’ils doivent continuer à faire constitue un des obstacles majeurs pour cet objectif. En effet, comme nous l’avons vu dans nos précédentes data visualisations (ici et ), la fécondité y reste presque partout supérieure à 4 enfants par femme. En comparaison, pour les pays émergents, elle est aujourd’hui d’environ 2 enfants par femme (entre et 1,5 et 3 enfants).

Des normes natalistes inchangées

Le maintien d’une forte fécondité en Afrique subsaharienne depuis les années 1960 est le résultat de facteurs socio-économiques et culturels. La faiblesse des niveaux d’instruction, d’urbanisation et du statut de la femme dans la plupart des pays sont des facteurs défavorables à une maîtrise consciente de la fécondité. Aussi, les sociétés africaines continuent de valoriser les familles nombreuses et les femmes ayant beaucoup d’enfants. La persistance de ces normes « natalistes » s’est traduite par une résistance à une utilisation de la contraception.

L’utilisation de la contraception en Afrique subsaharienne reste faible. Selon les résultats des dernières enquêtes, elle est, dans la moitié des pays, égale au plus à 20 % parmi les femmes mariées ou vivant maritalement. En revanche, elle se situe entre 60 % et 85 % dans la majorité des pays en développement ayant achevé leur transition de la fécondité : les femmes de ces pays ont donc réussi à maîtriser consciemment la taille de leur famille. Ce qui leur a permis d’entrer sur le marché du travail et d’être plus autonomes. Ces femmes ont ainsi réalisé en 30, 40 ans ce qu’on a appelé leur « révolution contraceptive ».

Révolution contraceptive

La faible utilisation de la contraception en Afrique subsaharienne est fortement corrélée à la faiblesse de la demande du côté des femmes. En effet, dans la moitié des pays, moins de 50 % d’entre elles ont exprimé un besoin en contraception. Contre 70 à 90 % des femmes dans la majorité des autres pays en développement. La faible demande peut s’expliquer par le fait que de nombreuses femmes ne sont pas encore pleinement conscientes de leurs droits en la matière. On encore que les pressions du conjoint, de la famille et de l’environnement dans lequel elles vivent les empêchent d’exercer ces droits. Par ailleurs, la faiblesse des programmes de planification familiale dans la plupart des pays peut décourager les femmes de l’utiliser.

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Il ne suffit pas à l’Afrique d’être jeune, elle doit investir dans l’éducation !

Monde Afrique

Le démographe Jean-Pierre Guengant démontre la corrélation entre éducation et fécondité : le Niger est le mauvais élève et Maurice, premier de classe.

La qualité du « capital humain », santé et éducation, est un élément essentiel du développement économique et social.

C’est pourquoi tous les pays accordent une priorité quasi absolue à la montée en compétences de leur population, notamment en matière d’éducation. Nous poursuivons, avec cette analyse, l’exploration des questions démographiques en Afrique, après un premier article.

Les pays d’Afrique subsaharienne ont consenti ces dernières années des moyens considérables pour accroître le niveau d’éducation de leurs populations. Cependant, avec l’accroissement continu des effectifs scolarisables, conséquence d’une forte fécondité, les infrastructures, le nombre d’enseignants, leur formation, ont eu du mal à suivre. La forte progression des taux de scolarisation s’est donc souvent faite au détriment de la qualité de l’enseignement, les systèmes scolaires n’arrivant plus à gérer les flux massifs d’élèves à tous les niveaux.

Une fécondité élevée, frein à la progression de l’éducation

Corrélation entre le nombre moyen d’années d’éducation (2010) et le nombre moyen d’enfants par femme (2005-2010). Source : World Economic Forum, Global Competitiveness Index.
Corrélation entre le nombre moyen d’années d’éducation (2010) et le nombre moyen d’enfants par femme (2005-2010). Source : World Economic Forum, Global Competitiveness Index.CRÉDITS : THE CONVERSATION

Malgré les progrès réalisés, le nombre moyen d’années d’éducation chez les adultes est toujours faible. Il était ainsi en 2010 de 5,5 ans en moyenne pour les hommes, et de 4,2 ans pour les femmes. Mais, il était d’autant plus faible que la fécondité restait élevée, variant de 8-9 ans à 4 ans pour les hommes, et généralement un peu moins pour les femmes. En comparaison, dans les pays émergents où la fécondité est d’environ 2 enfants par femme, contre 5 en Afrique subsaharienne, le nombre moyen d’années d’éducation était de 9 ans en moyenne chez les hommes, soit deux fois plus élevé.

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Afrique subsaharienne : 50% des naissances enregistrées chez les adolescentes ?

Les enfants de Prudence
Africa Check

Non, le chiffre est exagéré

«Le taux de 50% est complètement faux et nous l’avons retiré de notre site web. Merci d’avoir attiré notre attention sur cela », a dit Ann-Beth Moller, agent technique au département Santé de la reproduction et recherche de l’OMS, suite à la publication de l’article d’Africa Check.

Dans une contribution publiée sur le site web du journal Le Monde, le 16 mai dernier, Mme Marie-Pierre Nicollet, directrice du département Développement humain à l’Agence française de développement (AFD), abordait la thématique de l’éducation sexuelle au sein de l’école. Ce texte est une contribution à la réflexion autour de la hausse de la croissance démographique en Afrique.

Ainsi, parmi les chiffres mentionnés, on pouvait lire que 50% des naissances en Afrique subsaharienne surviennent au cours de l’adolescence (les filles de 15 à 19 ans).

Ce chiffre correspond-il à la réalité ? Africa Check a vérifié.

D’où vient ce chiffre ?

Contactée via mail, Mme Nicollet a communiqué à Africa Check la source qu’elle a consultée. Il s’agit de la rubrique Santé de la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent du site de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Celle-ci renseigne que « la proportion de naissances qui ont lieu au cours de l’adolescence est d’environ 2% en Chine, 18% en Amérique latine et dans les Caraïbes, et de plus de 50% en Afrique subsaharienne ».

Il s’agit du chiffre le plus récent communiqué par l’OMS sur cette thématique.

La même source indique également que près de 16 millions de jeunes femmes âgées de 15 à 19 ans donnent naissance à un enfant chaque année dans le monde entier. Cette estimation correspondant à 11% de l’ensemble des naissances.

En outre, l’OMS souligne que les taux de grossesse les plus élevés sont constatés en Afrique subsaharienne et dans la partie sud de l’Asie centrale et orientale. L’institution onusienne note toutefois que, de manière générale, les taux de grossesse chez les adolescentes ont diminué dans la plupart des pays et régions ces trois dernières décennies.

« Une donnée difficile à quantifier en Afrique »

Contrairement aux naissances, les grossesses sont une donnée assez difficile à quantifier sur le continent. En effet, elles dépendent grandement des réalités sociales des pays étudiés, du mariage, du niveau d’études, des morts à la naissance, des fausses couches ou encore des avortements clandestins. Et elles présentent plusieurs difficultés quand il s’agit de les estimer de façon précise.

Aussi, selon une estimation de l’organisation américaine de recherche Guttmacher Institute réalisée en 2007, seules 71% des grossesses d’adolescentes en Afrique sub-saharienne aboutissent à des naissances vivantes.

Si tant est que les naissances qui surviennent au cours de l’adolescence en Afrique subsaharienne soient d’environ 50%, il faut noter que les tendances sont disparates au sein de cette même région. Par exemple, sur le site de l’OMS, il est indiqué que le taux des grossesses chez les adolescentes est de 0,3% au Rwanda alors qu’il est de 12,2% au Mozambique, soit nettement plus élevé.

Par ailleurs, dans un article d’Africa Check, Adebayo Fayoyin, conseiller régional en communication de United Nations Population Fund (UNFPA) disait qu’en Afrique subsaharienne, peu d’études sont disponibles vis-à-vis des naissances vivantes, des pertes de fœtus et des avortements.

Près de 200 naissances pour 1.000 adolescentes en Afrique de l’Ouest et du Centre

Le rapport 2015 de l’UNICEF intitulé Mariages d’enfants, grossesses précoces et formation de la famille en Afrique de l’Ouest et du Centre signale que cette région dispose des taux de natalité chez les adolescentes les plus élevés au monde. Ainsi, on y apprend que le pourcentage d’accouchements survenus avant 18 ans s’établit à 34,3%.

Les cas de femmes âgées de 20 à 24 ans ayant eu un enfant avant l’âge de 18 ans sont surtout élevés en Guinée, au Mali, au Niger, au Tchad, en République Centrafricaine et au Gabon.

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