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Fonds français Muskoka

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La lutte contre la mortalité infantile et le développement du jeune enfant au Sénégal

Découvrez l’émission Priorité Santé du 18 mai de Claire Hédon sur RFI sur la mortalité infantile

Chaque année 5,9 millions décèdent avant l’âge de 5 ans et 45% de ces décès surviennent au cours de la période néonatale, c’est-à-dire dans les 28 jours suivant la naissance. Comment mieux prendre en charge les enfants non seulement pour éviter les décès mais aussi pour leur permettre de bien se développer ?

 

Avec :

–  Pr Ramatoulaye Diagne, Chef de service de Pédiatrie de l’Hôpital d’Enfants de Diamniadio au Sénégal, Chef de département de Pédiatrie de l’UFR Santé de Thiès,

Dr Alain Prual, conseiller senior en santé maternelle, néonatale et infantile au bureau régional de l’Unicef en Afrique de l’Ouest et Afrique centrale


– Mireille Douti
, psychologue clinicienne et de la santé dans l’unité d’hémato-oncologie du service de pédiatrie du CHU Sylvanus Olympio à Lomé au Togo ; chercheure associée au programme ENSPEDIA (Enfants Soins en Pédiatrie) du CNRS/UMI Environnement, Santé, Société. A participé à l’étude sur la mortalité néonatale en Afrique de l’Ouest.

– Dr Ngashi Ngongo, Conseiller Principal, Survie et Développement de l’enfant pour l’UNICEF pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

– Ibrahima Giroux, psychologue et auteur du livre  Développer l’intelligence de votre bébé

– Karima Grant, fondatrice et directrice de l’association sénégalaise ImagiNation Afrika

Une émission réalisée en partenariat avec le Fond Français Muskoka qui a pour objectif de réduire la mortalité maternelle, néonatale et infantile dans 8 pays d’Afrique francophone.

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75% des décès de nouveaux nés en Afrique de l’Ouest surviennent dans les 7 premiers jours de leur vie

Malgré l’amélioration du taux de fréquentation des établissements de santé par les femmes pour accoucher, en dépit d’un ensemble de programmes mis en œuvre le taux de mortalité néonatal diminue peu.

Pour comprendre ce qui peut entrainer ces décès, une équipe d’anthropologues ENSPEDIA, coordonnée par Yannick Jaffré, a suivi dans des maternités de 5 pays d’Afrique de l’Ouest (Bénin, Burkina Faso, Mali, Mauritanie et Togo)  tous les soins prodigués dans les 7 premiers jours de la vie.

Les anthropologues ont pu observer un ensemble de conduites ou de gestes qui ressemblent à des négligences involontaires des personnels de santé et qui, conjugués, construisent le décès de ces nouveau-nés, au moment de l’accouchement et surtout dès que l’enfant nait, lors des premiers soins qui leurs sont administrés dans les services de santé et à leur retour au domicile.

  • Dans certains cas, la femme est accouchée par les sages-femmes mais dans d’autres, l’accouchement est effectué par des matrones, aides-soignantes ou sages-femmes stagiaires. Bien souvent les nouveau-nés ne sont pas pris en charge par les personnels formés.
  • Au moment de la naissance, un enfant peut être laissé sans vêtement, sur une paillasse, à côté de la femme qui a accouché, et se refroidir. Ou encore, être transporté nu d’un service à un autre dans des couloirs où il y a des courants d’air.
  • Le soin du cordon n’est pas toujours adéquat. Il n’y a pas de surveillance du cordon ce qui fait qu’un cordon mal clampé après la naissance peut continuer de saigner et c’est seulement au bout de plusieurs heures, que l’on s’aperçoit que le pagne est taché de sang.
  • Si la naissance est un acte biologique, c’est aussi un événement social. Ainsi, lors du retour de l’enfant à son domicile, pour des raisons sociales, les parents font des bains à l’enfant, des massages. Cependant ces pratiques comportent des risques notamment lorsque l’on fait boire à l’enfant l’eau de son bain, provoquant des diarrhées qui peuvent entrainer la déshydratation de l’enfant.
  • L’enfant qui devrait être nourri exclusivement au sein est pris en charge par divers membres de la famille, la mère, la belle-mère, le père, la tante, ou la grand-mère qui toutes peuvent lui donner du sucre, de l’eau, des remèdes pour purger son ventre afin de le protéger.
  • Dans certains contextes, la femme est recluse à son domicile pendant une période de 7 jours donc de ce fait, elle ne consultera pas en cas de problèmes de santé.

« Socialement ces pratiques sont compréhensibles mais médicalement, même si elles ne sont pas des violences volontaires mais des négligences qui peuvent sembler minimes, leur conjugaison construit des risques et des vulnérabilités fortes pour l’enfant, tels que diarrhée, déshydratation, fièvre en cas d’infection, pouvant entrainer leur décès. » nous explique Yannick Jaffré.

Ce constat fait, comment agir pour transformer ces pratiques depuis la base afin d’améliorer les conduites de travail des sages-femmes et des matrones ? Comment éviter un programme du haut vers le bas et aller vers un programme qui part des populations, qui tient compte de la réalité et des normes sociales, pour le rendre le plus adapté possible à leurs pratiques ?

Basée sur cette étude, les anthropologues ont fait une série de propositions concrètes :

  • Continuer à fournir des descriptions fines de ces situations.
  • Systématiser ces approches par des audits qualitatifs et réflexifs où les professionnels de santé s’interrogeraient sur leurs propres gestes et façon de se comporter avec les populations, pour en comprendre les conséquences.
  • Former les professionnels de santé à ces questions complexes qui lient des activités médicales, des dimensions biologiques et des dimensions sociales.
  • Intégrer ces discussions sociotechniques, autant médicales que sociales, dans le fonctionnement régulier du service sous forme de staff socio technique.
  • Définir ce que l’on peut modifier dans ces pratiques pour qu’elles soient adaptées au milieu local.
  • Informer les familles des risques liés aux pratiques sociales et s’assurer de leur bonne compréhension des messages.
  • Sensibiliser les femmes sur le fait de revenir au centre de santé si des signes anormaux devaient apparaitre, des signes d’alerte de la part de l’enfant tels des cris, de la fièvre.
  • Mettre en avant collaboration des équipes pour améliorer les pratiques et apporter une réponse collective. Un décès peut provoquer une désolidarisation. Le soignant ne doit pas vivre individuellement la douleur du décès de l’enfant.

Dans chaque pays, les anthropologues retournent sur le terrain et organisent des restitutions et discussions en impliquant toutes les équipes y compris le personnel et les bénévoles qui ne sont pas forcément répertoriés officiellement.

« Les messages sont entendus et les acteurs sont d’accord. L’intérêt est perçu mais la difficulté réside dans la manière de communiquer les messages. Ce travail implique une collaboration sur une longue durée.  », conclut Yannick Jaffré.

Un travail de longue haleine qu’ENSPEDIA continue de mener patiemment, s’adaptant à divers paramètres tels le contexte, les personnes et les financements.

Cette étude, menée par ENSPEDIA, a été financée en grande partie par le Fonds Français Muskoka, soutenue par UNICEF, et par la Principauté de Monaco.

Découvrez l’émission Priorité Santé sur RFI sur ce sujet

 

Deux jeunes veulent sauver les 1800 femmes qui meurent chaque année en accouchant au Sénégal

Mamadou Sall et Amath Sow testent actuellement leur solution à Thiès, à 70 km à l’Est de Dakar. Ils sont persuadés que leur application peut participer à réduire le taux de mortalité maternelle et infantile dans leur pays

« Karangué » (qui signifie « sécurité » en Wolof) est une application de rappel de dates de vaccination pour bébés et enfants à bas âge. Elle aide également les mères à gérer leur calendrier de visites pré et post-natales. L’idée peut paraître banale. Elle contribue pourtant à résoudre l’une des plus grandes causes de mortalité maternelle et infantile au Sénégal. Chaque année, près de 2 000 femmes meurent en donnant la vie (soit une moyenne de 5 femmes par jour). L’une des principales causes de décès : le non-respect des rendez-vous médicaux. Souvent par oubli, négligence ou analphabétisme.

C’est dans cet environnement que grandiront les deux jeunes sénégalais, obsédés par l’idée de trouver un jour une solution au problème.

« Nous avons créé un système d’alerte automatique par sms ou par messages vocaux qui rappelle aux mamans leurs rendez-vous de vaccination et leurs visites médicales », explique Mamadou Sall, cofondateur de Karangué.

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Les vaccins constituent un moyen important pour réduire le taux de mortalité en Afrique

Les ambassadeurs d’Afrique subsaharienne visitent le BW

La Capitale.be-Rédaction en ligne

Une trentaine d’ambassadeurs et de chargés d’affaire de pays de l’Afrique subsaharienne ont visité mardi le Brabant wallon en compagnie du gouverneur de province Gilles Mahieu et de représentants de la diplomatie belge. Ils sont notamment passés par l’Université catholique de Louvain (UCL) qui veut encore augmenter son attractivité sur le plan international, et par les installations de l’entreprise GlaxoSmithKline (GSK) à Wavre, dont les activités en matière de vaccins sont très importantes pour la population des pays en voie de développement.

Au terme de cette visite d’une journée en Brabant wallon, Daniel Evina Abe’e, ambassadeur du Cameroun et doyen du corps diplomatique de l’Afrique subsaharienne a salué l’initiative tout en encourageant l’UCL à développer des coopérations avec les universités subsahariennes, qui manquent cruellement de moyens. Il a également souhaité un partenariat d’ampleur avec GSK, «qui fait un travail énorme sur le plan de la santé».

Les responsables de GSK ont rappelé qu’après l’eau potable, ce sont les vaccins qui constituent le moyen le plus important pour réduire le taux de mortalité en Afrique. Environ 70% de la production de vaccins de cette entreprise mondiale sont utilisés dans les pays en voie de développement. Et un tiers des vaccins développés ciblent des maladies qui touchent particulièrement ces pays, notamment la malaria.

Le prorecteur de l’UCL, Marc Francaux, a notamment évoqué les nombreuses relations de collaboration instaurée par l’UCL avec des universités et des chercheurs africains: depuis 2010, 1.725 articles scientifiques ont été co-écrits par des membres de l’UCL avec leurs collègues africains.

 

Afrique : premier test à grande échelle pour un vaccin antipaludique

L’Organisation mondiale de la santé ambitionne de vacciner au moins 360.000 enfants africains contre le paludisme d’ici à 2020, un premier test grandeur nature pour le vaccin le plus avancé mais à l’efficacité limitée contre cette maladie qui tue chaque année des centaines de milliers d’Africains.

Ce « programme pilote », annoncé lundi à Nairobi, sera mené au Kenya, au Ghana et au Malawi, trois pays ayant participé à de précédents tests à plus petite échelle du « Mosquirix » (aussi appelé RTS,S), mis au point par le géant pharmaceutique britannique GlaxoSmithKline (GSK) en partenariat avec l’ONG Path malaria vaccine initiative pour protéger les enfants en bas âge.

Combiné à des méthodes de diagnostic, des traitements et des mesures de prévention éprouvés, comme les moustiquaires imprégnées de répulsif anti-moustique, « ce vaccin pourrait sauver des dizaines de milliers de vies en Afrique », a déclaré à l’AFP Matshidiso Moeti, directrice de la branche africaine de l’OMS. « C’est une arme parmi d’autres ».

L’Afrique est de très loin le continent le plus touché par le paludisme, comptant pour 92% des 429.000 personnes tuées dans le monde en 2015 par cette maladie transmise par des moustiques et également appelée malaria, selon des chiffres de l’OMS. Les enfants de moins de cinq ans représentent plus des deux tiers de ces décès. « Les informations rassemblées lors de ce programme pilote nous aideront à prendre les décisions pour une utilisation plus large de ce vaccin », a ajouté lundi Mme Moeti, à la veille de la journée mondiale du paludisme.

– Plasmodium falciparum –

De 2018 à 2020, l’OMS ambitionne de vacciner 120.000 enfants de moins de deux ans dans chacun des pays sélectionnés pour ce projet pilote. Seront prioritaires les zones les plus touchées par cette maladie, caractérisée par des épisodes cycliques de fièvre plus ou moins graves pouvant notamment être accompagnés de diarrhées, vomissements ou maux de tête.

Le Mosquirix, qui avait reçu en juillet 2015 un avis positif de l’Agence européenne du médicament (EMA), agit contre le plasmodium falciparum, la variante la plus mortelle du parasite responsable du paludisme, mais il ne garantit pas une immunisation. Selon des tests menés de 2009 à 2014 sur 15.000 personnes au Kenya, au Ghana, au Malawi, au Burkina Faso, au Gabon, au Mozambique et en Tanzanie, il permet surtout de réduire de 40% le nombre d’épisodes paludiques, principalement les épisodes « graves » nécessitant une hospitalisation, a expliqué à l’AFP Mary Hamel, responsable pour l’OMS de la coordination du programme de vaccination antipaludique.

Le vaccin, dont le développement a débuté dans les années 80, agit au moins pendant 4 ans et demi. « Ce n’est pas un taux d’efficacité très élevé, mais quand on regarde le nombre de personnes touchées par la malaria, cela signifie que l’impact sera quoi qu’il arrive énorme », assure toutefois Mme Hamel.

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Plaidoyer pour l’implication de la recherche contre la mortalité maternelle et infantile

Prudence en consultation prénatale à l’ASTBEF (Association Tchadienne pour le Bien-être Familial)

APA-Dakar (Sénégal)

Plusieurs acteurs de la santé ont plaidé, mardi à Dakar, pour l’utilisation des résultats de la recherche dans la réduction de la mortalité maternelle et infantile.

« En Afrique, 830 femmes meurent chaque jour en donnant la vie. Ce qui est dû à des causes évitables. C’est pourquoi, il faut orienter la recherche vers la réduction voire l’élimination de la mortalité maternelle et infantile », a dit le professeur Ibrahima Seck, conseiller technique au ministère sénégalais de la Santé et de l’Action sociale.

Il s’adressait à la presse en marge de l’ouverture d’un atelier international de l’Organisation ouest africaine de la Santé (OOAS) sur les innovations en faveur de la Santé de la mère et de l’enfant.

La rencontre entre dans le cadre de la mise en œuvre du projet « Initiative Innovation pour la Santé des  mères et des enfants d’Afrique », financée par la coopération canadienne.

« En utilisant la recherche, nous pourrons sensiblement baisser le taux de la mortalité maternelle et infantile grâce des innovations dans l’approche et les actions-interventions », a poursuivi le professeur Ibrahima Seck, plaidant aussi pour l’implication de toutes les couches de la population.

De son côté, Dr Laurent Assogba, directeur général adjoint de l’OOAS, a indiqué que par le biais de la recherche, les décideurs peuvent avoir une meilleure compréhension des forces, faiblesses, des opportunités et des menaces de la Santé de la mère et de l’enfant. « Ce faisant, a-t-il indiqué, nos décideurs pourront faire une bonne planification des politiques de santé ».

Mise en œuvre par l’Ooas, l’initiative innovation pour la Santé de la mère et de l’enfant vise, entre autres objectifs, l’analyse de la situation du contexte de production et d’utilisation des résultats de recherche en santé maternelle et infantile dans l’espace CEDEAO et le renforcement de la collaboration entre chercheurs et décideurs sur les questions de la Santé de la mère et de l’enfant.

TE/cat/APA

« C’est la Vie ! » : Lancement officiel de la série télévisée au Tchad

Communiqué de presse

« C’est la Vie ! » : 1ère série africaine d’éducation par le divertissement bientôt sur les chaines télévisées tchadiennes grâce au Fonds Français Muskoka

N’Djamena, 26 Avril 2017 – L’Ambassade de France au Tchad organise, le mercredi 26 avril à l’Institut français du Tchad, une cérémonie de remise de l’intégralité de la première saison de « C’est la Vie ! » (26 épisodes de 26 minutes) aux trois chaînes de télévision nationales : la Télé Tchad, Electron TV et Al Nassr TV, qui se sont engagées à diffuser la série sur leur antenne.

« Cette série, qui permet de communiquer de manière innovante, a pour objectif d’informer et de sensibiliser un très large public sur la santé en général et les violences de genre » a déclaré l’Ambassadeur de France au Tchad S.E.M. Philippe Lacoste. « Pendant 26 minutes, les téléspectateurs peuvent suivre le quotidien d’un centre de santé qui essaie de soigner les habitants mêlant à la fois des moments de joies mais aussi de malheurs. Le ton est humoristique, sans pour autant gommer les aspects dramatiques ».

Cette série a pour but de sensibiliser les jeunes et les adolescents aux bonnes pratiques en matière de santé. Plein d’humour et de conseils pratiques, le feuilleton traite également des réalités socio-culturelles qui ont une forte influence sur la santé maternelle, néonatale et infantile.

«Lancée en 2010 lors du sommet G8, l’initiative Muskoka est mise en œuvre à la fois via le canal bilatéral, géré par l’AFD, et le canal multilatéral, avec notamment le Fonds Français Muskoka mis en œuvre conjointement par l’UNICEF, l’OMS, l’UNFPA et ONU-Femmes dans 8 pays dont le Tchad » a rappelé l’Ambassadeur de France au Tchad S.E.M. Philippe Lacoste. Depuis 2012, la France a accordé 24.8 millions d’euros au Tchad pour lutter contre la mortalité maternelle et infantile.

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Lutte contre le paludisme en entreprise en Afrique

par rfi

Comment minimiser l’impact du paludisme sur le développement de l’Afrique sub-saharienne ? L’association française Santé en entreprise, membre du CIAN, le Conseil français des investisseurs en Afrique, a présenté hier le bilan de trois ans de mise en œuvre du programme collaboratif de lutte contre le paludisme dans 14 pays d’Afrique francophone. Des actions menées pour le moment presqu’exclusivement avec des filiales de grands groupes français et européens, à l’exception de quelques entreprises locales au Congo-Kinshasa.

Santé en entreprise a élaboré en 2014 une feuille de route opérationnelle pour une lutte efficace contre le paludisme, première cause d’absentéisme des salariés. Ce problème de santé est aussi économique, selon Erick Maville, directeur général de Santé en entreprise. « Cette maladie représente quelquefois de 50 % à 60 % de journées non travaillées en une année. Les consultations et les frais médicaux que le paludisme engendre sont importants. C’est une source de dépense pour l’entreprise, les salariés et leurs familles. »

L’association a fait une étude d’impact économique du paludisme sur un panel de 150 sociétés. « On s’est rendu compte que le coût avoisinait les 100 euros par salarié et par an. Ce qui est quand même énorme, si on se souvient qu’une moustiquaire coûte 5 euros, protéger une famille de 4 personnes, ça coûte 10 euros et on est protégé pendant 3 ans. »

Investir dans la prévention

Le paludisme coûte donc plus cher à une entreprise qui n’investit pas dans la lutte contre cette maladie. Implantée au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Ghana et au Sénégal, la Compagnie fruitière a un volet santé important dans ses zones de production, précise Christelle Lasme, responsable développement durable du groupe.

« On a fait construire des centres de santé pour chacune de nos filiales, deux hôpitaux : celui du Cameroun est un hôpital de référence et il y a un hôpital en Côte d’Ivoire, à Tiassalé, qui est lui éloigné de la plantation la plus proche. Il y a effectivement des coûts financiers associés à cette maladie. C’est vrai que, on a eu à le déplorer, on prend souvent aussi le relais de ce que le gouvernement devrait être en mesure de faire, mais ça c’est une réalité à laquelle on doit faire face. »
 
Nécessité d’une lutte commune

Les États africains comptent notamment sur l’aide du Fonds mondial. La France consacre 360 millions d’euros par an à ce Fonds dédié au combat contre le VIH-sida, la tuberculose et le paludisme. Pour Michèle Boccoz, ambassadrice chargée de la lutte contre le VIH-sida et les maladies transmissibles, la part réservée à la lutte contre le paludisme est importante.

« Le paludisme bénéficie d’un tiers des fonds du Fonds mondial. Pour nous, ce qui est important, c’est arriver à éliminer cette maladie qu’est le paludisme. On peut éliminer le paludisme, on a des médicaments. Mais ce qu’il faut, c’est d’abord avoir assez de moyens pour le faire et donc pour ça, il est absolument capital que tous les partenaires travaillent ensemble. »

Selon la Banque mondiale, le paludisme fait perdre à l’Afrique 10 milliards d’euros de PIB chaque année. Soit plus que le budget 2017 de la Côte d’Ivoire, qui est de 9,9 milliards d’euros.

Guinée : La prévalence du paludisme baisse de 44% à 15%

A quelques jours de la célébration de la journée mondiale de lutte contre le paludisme prévue le 25 avril prochain, le Ministère de la santé en collaboration avec le projet ‘’Stop palu’’ a animé une conférence de presse dans la salle Mohamed Koula Diallo de la maison de la presse, ce vendredi 21 avril 2017.

« Le paludisme représente la première cause de consultations dans nos structures sanitaires : 35%. En 2012, on avait des chiffres douloureux : Boké avait 24% de taux de prévalence, Mamou 47% ; Labé 38% ; Kankan 50% ; N’zérékoré 59% et un pic à Faranah de 66%. La moyenne nationale de prévalence du paludisme est de 44%.
La bonne nouvelle est que le taux a baissé. C’est avec grande joie que je vous dis en 2017, la prévalence nationale est passée de 44% à 15%. » A indiqué le ministre de la santé Dr. Abdourahamane Diallo.

Poursuivant sa communication le Ministre de la santé souligne que ce résultat est le fruit d’un travail acharné du gouvernement et de ses partenaires techniques et financiers: « La prévalence nationale est passée de 44% en 2012 à 15% en 2016. Un travail vraiment considérable pour qui connait comment ces indicateurs sont suivis et comment ils changent avec le temps.

Ce changement est dû à un certain nombre d’interventions combinées ; des interventions au niveau stratégique et des interventions au niveau opérationnel » a-t-il souligné.

Il a poursuivi en expliquant que : « Au niveau stratégique, le gouvernement a fait de la lutte contre la maladie une priorité; le Programme national de lutte contre le paludisme a été renforcé par un personnel qualifié et des moyens logistiques. En plus on a pu compter sur l’engagement de différents partenaires.

Au niveau opérationnel, il y a le passage à l’échelle pour l’utilisation des tests de diagnostic rapide. Ce qui a permis un meilleur diagnostic et qui a abouti à une prise en charge plus précoce des cas de paludisme. Enfin la gratuité du traitement sur toute l’entendue du territoire a aussi contribué à l’amélioration des indicateurs.»

Par ailleurs, le ministre a annoncé des perspectives à atteindre dans les prochaines années : « Nous envisageons de continuer sur cette lancée. Nous pensons pouvoir améliorer d’avantage les chiffres pour réduire encore la prévalence à 50% en 2022, et assurer une prise en charge correcte à un taux de 90% des cas de paludisme. »

Bhoye Barry pour guinee7.com

Sénégal : Net recul du paludisme, objectif de pré-éliminatoire en 2020

En prélude de la célébration de la journée mondiale du paludisme qui sera célébrée ce 25 Avril dans la région de Kaolack, le programme national de lutte contre le paludisme a tenu une conférence de presse aujourd’hui pour communier avec la presse.

À ce titre le coordonnateur du PNLP, le Dr Oumar Sarr a tiré un bilan positif pour l’année 2016…

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